Sept concours d'innovation signés "Atomic Anne"

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ANNE LAUVERGEON RETIENT "SEPT CONCOURS D'IDÉES" POUR FAVORISER L'INNOVATION
ANNE LAUVERGEON RETIENT "SEPT CONCOURS D'IDÉES" POUR FAVORISER L'INNOVATION

par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - L'ancienne dirigeante du groupe Areva, Anne Lauvergeon, a remis vendredi à François Hollande un rapport détaillant "sept concours d'idées" pour faire émerger des innovations dans des secteurs stratégiques comme le stockage d'énergie.

"Atomic Anne", un surnom qui lui a été donné lors de son passage dans le groupe nucléaire, a été chargée de définir les technologies sur lesquelles la France est susceptible de devenir leader à l'horizon 2030 et de proposer aux entreprises les "défis industriels" pouvant les conduire à dominer ces marchés.

Lancés le 2 décembre, ces concours sont ouverts aux entreprises de toute taille dans le monde entier.

Le projet "est ouvert à toutes les idées nouvelles. Il y en aura sept, avec comme condition de vouloir investir et développer des emplois en France", a déclaré Anne Lauvergeon après avoir été reçue avec sa commission à l'Elysée.

"Le président nous a écoutés, a posé beaucoup de questions et nous a donné son feu vert pour aller de l'avant", a-t-elle ajouté avant d'accompagner le président à Nanterre pour une visite illustrant ce projet dans une usine de recyclage.

Le rapport prône l'émergence d'une "génération d'innovateurs", évoquant une deuxième phase, post concours, qui "permettra d'apporter des financements adaptés, publics et privés, à chacun des projets les plus prometteurs".

L'Etat investira 300 millions d'euros via le programme des investissements d'avenir pour faire émerger des innovations incontournables d'ici 15 ans pour la transition énergétique, les sciences du vivant et le numérique.

A l'Elysée, on explique que l'enjeu est de bouleverser l'économie d'une industrie par une innovation majeure, comme le serait une technologie permettant de stocker massivement l'énergie produite par les éoliennes ou les fermes solaires.

"LA FRANCE A PEUR D'OSER"

Les six autres domaines avancés dans le rapport sont le recyclage des métaux rares, l'exploitation des ressources marines, la chimie du végétal, la médecine individualisée, l'innovation au service de la longévité ainsi que le "big data" pour le volet numérique.

Anne Lauvergeon fait aussi des propositions pour lutter contre les freins à l'innovation en France.

"Fiscalité, contraintes réglementaires, conjoncture morose ou frilosité tout simplement ne facilitent pas la vie des innovateurs", écrit-elle, jugeant que "la France a peur d'oser et de prendre des risques".

Sa commission préconise d'encourager dès l'école l'esprit d'entreprenariat et de reconnaître "l'existence d'un principe d'innovation, équilibrant le principe de précaution, yin et yang du progrès des sociétés".

Certaines des suggestions pourraient être reprises dans le rapport que prépare sur ce thème la ministre de l'Innovation, Fleur Pellerin.

Le gouvernement s'est déjà livré à plusieurs exercices de prospective, avec notamment un séminaire de rentrée sur "la France dans 10 ans" et un programme sur la "nouvelle France industrielle" prévoyant le développement de 34 filières prioritaires comme les TGV du futur.

Le chef de l'Etat a aussi lancé une stratégie d'investissements à l'horizon 2020 dont le but est à la fois de stimuler une économie atone et, à plus long terme, d'améliorer le potentiel de croissance du pays via, par exemple, l'installation du haut débit sur tout le territoire.

Selon les conseillers du chef de l'Etat, il y a cohérence entre ces différents programmes, à horizons différents.

Le commissaire général à la stratégie et à la prospective, Jean Pisani-Ferry, chargé de rédiger un projet stratégique d'ici la fin de l'année pour préparer "la France de 2025", doit intégrer à son projet les pistes d'Anne Lauvergeon.

Les ambitions présidentielles en termes d'investissements se heurtent aux contraintes budgétaires françaises, conduisant François Hollande à faire le choix d'un Etat stratège plutôt que maître d'oeuvre du développement économique.

Le gouvernement essaie donc d'associer autant que possible l'initiative et les fonds privés pour donner un effet de levier à l'investissement public.

Avec Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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