Sept ans de prison pour le chef du clan "Hamidovic"

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SEPT ANS DE PRISON POUR LE CHEF DU CLAN "HAMIDOVIC"
SEPT ANS DE PRISON POUR LE CHEF DU CLAN "HAMIDOVIC"

PARIS (Reuters) - Le chef du clan "Hamidovic", dont plusieurs membres étaient poursuivis pour avoir contraint des mineures originaires d'ex-Yougoslavie à voler à la tire dans le métro parisien, a été condamné mercredi à sept ans de prison ferme.

Sa femme, Behija Hamidovic, placée avec lui à la tête du réseau, et comme lui en état de récidive légale, selon l'accusation, a été condamnée à quatre ans de prison ferme.

Les peines prononcées par le tribunal correctionnel de Paris sont bien inférieures aux réquisitions du parquet, qui avait demandé 15 ans de prison ferme à l'encontre de Fehim Hamidovic, et 12 ans à l'encontre de sa femme.

Des réquisitions qualifiées de "délirantes" par leur avocat, Me Joseph Cohen-Sabban, qui a salué ce jugement.

"J'estime qu'on est bien jugés", a-t-il dit mercredi à la presse. "On n'est jamais satisfait quand on est condamné à sept ans et à quatre ans de prison, mais lorsqu'on vous demande 15 ans dont deux tiers de sûreté, on est au moins soulagés."

Le couple, qui est définitivement interdit de territoire français, ne fera pas appel de ce jugement.

Le parquet a 10 jours pour se décider.

Fehim Hamidovic, comme les autres prévenus, nie les faits qui lui sont reprochés, se disant victime des mensonges d'un clan adverse.

Lui et sa femme avaient déjà été condamnés en février 2007 à Vienne à respectivement 3 ans et 2 ans de prison pour trafic d'êtres humains et vols par profession.

Des peines de un à cinq ans de prison ferme ont été prononcées à l'égard des autres principaux membres du clan, démantelé en 2010. L'un d'entre eux a été relaxé. Le ministère public avait requis de trois à dix ans de prison à leur encontre.

"ENTITÉ PUISSANTE"

Dans son réquisitoire, le parquet avait distingué quatre niveaux de responsabilités parmi les prévenus, des femmes voleuses et chefs d'équipes, exploitantes mais aussi exploitées en leur temps, aux détenteurs de l'autorité décisionnelle.

Durant le procès, l'accusation a décrit le clan Hamidovic, "une entité puissante, pérenne, professionnelle", comme un "vaste réseau de traite des êtres humains" avec un trafic, une économie souterraine, des gains et une protection en son sein.

Les jeunes filles, qui travaillaient par petits groupes, étaient encadrées par des intermédiaires qui récoltaient le fruit quotidien de leurs vols et le faisaient parvenir aux donneurs d'ordre, dans le Sud de la France, en Italie, en Espagne et en Belgique, a-t-elle expliqué.

Si leur butin était jugé insuffisant, elles subissaient des violences, d'après plusieurs témoignages recueillis par la police. Les jeunes volaient deux à trois fois par jour, trois à quatre jours par semaine, pour une récolte moyenne de 300 euros quotidiens, selon l'enquête, qui a permis d'identifier une trentaine de voleurs.

Le chiffre d'affaires du clan est ainsi estimé à environ 1,3 million d'euros pour l'année 2009.

Chine Labbé, édité par Yves Clarisse

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