Sept ans de prison pour la journaliste chinoise Gao Yu

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PEKIN, 17 avril (Reuters) - La journaliste chinoise Gao Yu, jugée pour divulgation de secrets d'Etat, a été condamnée à sept ans de prison, a annoncé vendredi son avocat au terme d'un procès considéré comme un des symboles du durcissement de la répression à l'encontre des milieux dissidents. Agée de 71 ans, la journaliste a comparu à huis clos en novembre dernier à Pékin. L'audience n'a duré que quatre heures. Gao Yu a rejeté les accusations portées contre elle et déclaré son innocence. Sa détention et son procès avaient été condamnés par des militants des droits de l'homme, et le mois dernier, lors d'une session du Conseil des droits de l'homme des Nations unies à Genève, les Etats-Unis ont appelé à sa libération. D'après son avocat, la journaliste a annoncé qu'elle ferait appel. "J'ai le sentiment que la cour n'a pas suffisamment pris en compte les faits et les preuves en rendant ce verdict erroné", a ajouté Mo Shaoping, joint par Reuters. Gao Yu, arrêtée au printemps 2014, était poursuivie pour avoir communiqué à des contacts étrangers des secrets d'Etat, notamment un document interne du Parti communiste appelant, selon Human Rights Watch, à "une censure accrue contre les idées libérales et réformistes". Elle était passible d'une peine maximale de réclusion criminelle à perpétuité. Peu après son arrestation, la télévision chinoise avait diffusé ses aveux filmés. Une confession extorquée sous la menace, a précisé son avocat, ajoutant que les autorités avaient indiqué à sa cliente que son fils serait arrêté si elle n'avouait pas. La journaliste, qui a travaillé pour les médias officiels durant sa carrière, a ouvertement soutenu le mouvement pro-démocratie de la place Tiananmen, au printemps 1989. Elle a déjà été condamnée à six années de prison en 1993 pour avoir divulgué des secrets d'Etat. Aucun commentaire n'a pu être obtenu auprès des autorités. "Cette condamnation accroît notre préoccupation au sujet de la situation des défenseurs des droits de l'homme en Chine, y compris les avocats et les journalistes", a déclaré à la presse Raphaël Droszewski, premier secrétaire de la délégation de l'Union européenne en Chine. Au 1er décembre 2014, selon le Comité de protection des journalistes (CPJ), la Chine comptait 44 journalistes derrière les barreaux, dont Gao Yu. (Sui-Lee Wee et Michael Martina; Henri-Pierre André pour le service français)

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