Sephora reporte à la fin 2017 son ouverture en Iran

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L'OUVERTURE DE SEPHORA EN IRAN REPORTÉE À FIN 2017
L'OUVERTURE DE SEPHORA EN IRAN REPORTÉE À FIN 2017

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Sephora, qui prévoyait de s'implanter en Iran dans le courant de 2016, a reporté son projet au second semestre 2017 au plus tôt, ont déclaré à Reuters des sources proches du dossier.

Dix mois après la levée de l'embargo, l'absence des grandes banques françaises dans le financement de projets en Iran et les incertitudes politiques ne permettent pas à la chaîne de parfumerie du groupe LVMH d'investir dans l'immédiat le gigantesque marché iranien.

"Il ne se passera rien avant le deuxième semestre 2017, au plus tôt, car les conditions ne sont pour l'instant pas réunies pour que les choses puissent se faire", a indiqué une des sources.

Pour que LVMH se lance, il faut que tous les voyants soient au vert, tant au plan financier que politique, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, selon une autre source.

Des sources avaient déclaré à Reuters en novembre 2015 que Sephora avait finalisé ses discussions avec un partenaire et espérait ouvrir plusieurs magasins en Iran à partir de 2016.

Interrogée, une porte-parole de LVMH s'est refusée à tout commentaire.

Le principal blocage vient du système bancaire car l'usage du dollar dans les transactions avec l'Iran reste proscrit par les autorités américaines.

Traumatisées par l'amende de 8,9 milliards d'euros infligée par les autorités américaines à BNP Paribas pour des transactions en dollar avec l'Iran, les grandes banques françaises et européennes ne veulent pas s'engager.

"Les banques sont en risque. Elles pourraient décider de ne pas traiter en dollar, mais les process techniques de traitements bancaires sont tels qu'il se peut que le dollar soit impliqué, de façon absolument mécanique et involontaire", explique Michel Makinsky, directeur général du cabinet de conseil Ageromys International.

Les banques redoutent aussi le risque de réputation lié aux actions de puissants lobbies anti-iraniens aux Etats-Unis et elles voudraient des garanties contre d'éventuelles représailles, ce qui est très difficile à obtenir, ajoute-t-il.

LVMH attend maintenant l'élection américaine de novembre et l'élection présidentielle iranienne de mai 2017, deux échéances décisives pour l'avenir des relations entre les deux pays.

Les cosmétiques n'ont pas été concernés par l'embargo international vis-à-vis de l'Iran et nombre de marques y sont vendues, comme Lancôme, YSL et Armani (groupe L'Oréal), Clarins ou Dior (LVMH).

Mais leur distribution, qui passe par des parfumeries spécialisées encore peu développées, reste limitée par des circuits financiers complexes.

Deuxième marché cosmétique de la région derrière l'Arabie saoudite, l'Iran offre un gigantesque potentiel pour les groupes occidentaux.

La population est nombreuse (80 millions d'habitants), jeune, urbaine, éduquée, et l'appétit pour les produits de luxe est immense. Le marché des cosmétiques y est évalué à 3,5 milliards de dollars par Euromonitor.

(Edité par Dominique Rodriguez)


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  • jmlhomme il y a 2 mois

    La lecture de cet article ne permet pas de comprendre pourquoi LVMH ne pourrait pas traiter en Euros voir à gérér du Troc en Petrole.Jusqu'à preuve du contraire on importe du Pétrole en France et les produits LVMH sont produits en France. Si les USA menacent LVMH de représailles .....il est grand temps que l'Europe se dresse contre l'oncle SAM