Sénégal - Karim Wade condamné à six ans de prison

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(Ajoute détails, déclarations, réactions) DAKAR, 23 mars (Reuters) - La justice sénégalaise a condamné Karim Wade, fils de l'ancien président Abdoulaye Wade, à une peine de six ans d'emprisonnement et à une amende de 138 milliards de francs CFA (209 millions d'euros), anéantissant ses espoirs d'être candidat à la présidentielle de 2017. L'ancien ministre, qui était l'une des personnalités les plus puissantes du Sénégal lorsque son père était au pouvoir, entre 2000 et 2012, était jugé devant la Cour de répression de l'enrichissement illicite (CREI) depuis l'été dernier pour "enrichissement illicite et corruption". Le parquet avait requis sept ans de prison et une amende de 250 milliards de francs CFA (381 millions d'euros). "Les faits constituent un enrichissement illicite de la part de Karim Wade", a déclaré le juge de la CREI Henri Grégoire Diop, en relevant notamment que Karim Wade avait dissimulé des fonds dans des sociétés off shore baséées aux Iles Vierges britanniques et à Panama. Karim Wade, qui est en détention depuis avril 2013, avait été désigné samedi dernier par le principal parti de l'opposition, le Parti démocratique sénégalais (PDS), comme candidat à la prochaine élection présidentielle. Réunis dans la salle d'audience, des partisans de l'opposition ont vivement protesté à l'énoncé du verdict. "Je ne veux plus être sénégalaise. Ce verdict est une honte", a crié une femme. Le président Macky Sall, qui a succédé à Abdoulaye Wade lors d'une élection serrée en 2012, a averti la semaine dernière que son gouvernement ne tolérerait aucune tentative de déstabilisation du pays à l'annonce du verdict. Baptisé par les médias sénégalais le "ministre du ciel et de la terre" sous la présidence de son père, époque où il a contrôlé jusqu'à cinq ministères, Karim Wade se dit victime d'un procès politique, accusation rejetée par le gouvernement. Le fils d'Abdoulaye Wade a observé une grève de la faim pendant quatre jours en janvier dernier pour protester contre ses conditions de détention. ID:nL6N0UY2XE La prochaine élection présidentielle au Sénégal pourrait avoir lieu dès 2017, si Macky Sall réduit, comme il s'y est engagé, la durée du mandat présidentiel de sept à cinq ans. Un référendum sur l'instauration du quinquennat aura lieu l'an prochain. ID:nL6N0WJ4CA (Diadie Ba; Eric Faye et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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