Semaine de vérité pour l'automobile française

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SEMAINE DE VÉRITÉ POUR L'AUTOMOBILE FRANÇAISE
SEMAINE DE VÉRITÉ POUR L'AUTOMOBILE FRANÇAISE

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Les publications de résultats financiers qui vont ponctuer la semaine confirmeront à quel point 2012 restera une année noire pour l'automobile française, mais elles seront aussi l'occasion d'apporter des réponses importantes sur les stratégies engagées pour redresser la barre.

L'équipementier Faurecia et le géant du pneumatique Michelin ouvriront le bal mardi matin. Mercredi, ce sera au tour de PSA Peugeot Citroën de publier des résultats annuels attendus en lourde perte, suivis jeudi des comptes de Renault.

"Après la catastrophe de 2012, toutes les entreprises tiendront un discours unanimement prudent", commente Philippe Barrier, analyste automobile à la Société générale. "Mais la clé, c'est ce qui va se passer dans le secteur sur le moyen terme : comment l'industrie va-t-elle s'adapter au point bas du marché et préparer l'avenir."

Sur le thème de la compétitivité, Faurecia et Michelin pourraient apporter des précisions sur la manière dont ils entendent ajuster leurs effectifs aux aléas de la demande.

Renault, qui entend supprimer 8.200 emplois sur quatre ans via des départs naturels, espère pour sa part conclure mardi soir le cycle de négociations sur la flexibilité qu'il a engagé à l'automne dernier, après le Mondial de l'auto.

Le groupe au losange a promis de pérenniser tous ses sites français en échange d'un gel des salaires, d'un recours accru à la mobilité et d'un allongement du temps de travail.

Le gouvernement a incité à plusieurs reprises les organisations syndicales à signer l'accord de peur de se retrouver avec un autre dossier socialement explosif, après celui provoqué par l'annonce, l'an dernier, de la fermeture de l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

La CFE-CGC, syndicat dont l'agrément semblait à portée de main chez Renault, a prévenu jeudi dans un communiqué qu'il "ne bradera pas sa signature" s'il n'obtient pas d'assurances concrètes sur les volumes envisagés dans chaque usine.

La journée de mardi devrait être marquée par de nouveaux débrayages sur plusieurs sites Renault. Le même jour se tiendra un comité central d'entreprise (CCE) du fabricant de pneus Goodyear, dont les 1.200 emplois de l'usine d'Amiens (Somme) sont menacés.

Concernant Aulnay, où la production continuait lundi au compte-gouttes, PSA tiendra vendredi un CCE déterminant pour le calendrier de fermeture, officiellement programmée pour juin 2014.

Face aux tensions qui règnent sur place entre grévistes et non grévistes, plusieurs syndicats ont accepté le déblocage anticipé des transferts vers le site voisin de Poissy (Yvelines). Le passage de l'usine en une seule équipe, antichambre de l'arrêt définitif des activités, pourrait s'en trouver précipité.

Plusieurs résultats financiers attendus cette semaine ont déjà été largement éventés : Faurecia a publié le mois dernier une estimation de ses résultats annuels, marqués par une chute de 62,3% du bénéfice net, devançant le calendrier initial en raison d'un dérapage de sa dette.

PSA a dévoilé pour sa part jeudi soir 4,1 milliards d'euros de dépréciations d'actifs qui viendront alourdir une dette nette désormais attendue autour de 5,6 milliards d'euros, contre un bénéfice de 588 millions réalisé en 2011.

Edité par Dominique Rodriguez

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