Semaine cruciale pour les grands magasins parisiens

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Tous les ans, au mois de décembre, la fréquentation des grands magasins atteint des sommets, jusqu'à doubler une semaine avant Noël. Comment les enseignes la gèrent-elles ?

Depuis trois ou quatre saisons, on note une nette progression des achats de dernière minute pour les cadeaux de Noël. Et la tendance est plus nette encore dans les grands magasins, qui regroupent tous types d'objets, de jouets et d'univers dans un même espace. D'où un afflux massif de clients, encombrés de paquets et de manteaux, sur une période très courte.

Les Galeries Lafayette accueillent ainsi quelque 200.000 visiteurs par jour lors des derniers week-ends de l'année et, au Printemps Haussmann, on s'attend à un gros rush la veille du réveillon, car le 23 décembre tombe un dimanche, en 2012. Une foule exigeante pas évidente à gérer dans un espace qui n'est pas extensible. Pourtant l'enjeu est de taille: de 20 à 25 % du chiffre d'affaires annuel des grands magasins parisiens est réalisé entre la mi-novembre et la fin décembre. Du coup, chaque enseigne renforce ses équipes (300 personnes supplémentaires au Printemps, dont 100 à la vente) et rivalise de services destinés à faciliter la vie de la clientèle et à s'assurer que les courses de Noël ne se transforment pas en parcours du combattant. Parmi les bonnes idées mises en place pendant les fêtes, on notera la possibilité de déposer sa liste de jouets aux Galeries Lafayette. Une hôtesse se charge de réunir tous les cadeaux et de les faire emballer dans un laps de temps de trois heures. De quoi faire ses autres achats avant de revenir chercher les jouets, «prêts-à-déposer» au pied du sapin. Malin aussi, le «Père Noël shopper» du Printemps Haussmann, qui suggère des cadeaux en fonction de la personne à gâter et de votre budget, ou encore son concept «mains libres», qui permet de faire mettre de côté ses achats à chaque caisse et de tout régler en une fois. Il est même possible de se faire livrer l'ensemble ou de récupérer les paquets à la consigne ouverte 24 heures sur 24. Au BHV, à partir de 300 ¤ d'achat, le magasin met gracieusement à disposition un véhicule avec chauffeur pour ramener les clients dans Paris intra-muros.

La sécurité des clients

Saluons aussi l'attention du Bon Marché, qui prévoit un vestiaire (au niveau - 1) pour déposer manteau et sacs, afin de profiter plus librement des conseillers du rayon jouets qui composent une sélection en fonction de l'âge de l'enfant. «Pendant cette période festive, plusieurs animations ont été mises en place pour ravir et occuper les enfants, un vrai manège, un spectacle de marionnettes, un magicien, un marchand de bonbons...», précise-t-on au sein du grand magasin Rive Gauche.

Côté sécurité, les enseignes sont également parées à toute éventualité. Malgré l'étude alarmiste publiée le 3 décembre par le Centre for Retail Research, qui prévoit que «les vols à l'étalage effectués pendant les fêtes devraient augmenter de 4,6 % cette année», les enseignes affirment ne pas être spécialement inquiètes. Pierre Pelarrey, directeur du Printemps Haussmann, ne note pas plus de vols en fin d'année. «La sécurité est bien sûr renforcée, mais nous veillons davantage à celle de nos clients. Quatre cent cinquante caméras nous permettent de surveiller les éventuels pickpockets opérant dans le magasin.»

Une information qui devrait rassurer les touristes étrangers, toujours plus nombreux à fréquenter ces hauts lieux du shopping parisien. À cette période de l'année, c'est néanmoins la clientèle francilienne, et la clientèle provinciale montée à Paris pour les fêtes, qui provoque une forte hausse de fréquentation. La différence est surtout notable dans les deux grands magasins du boulevard Haussmann, plus vastes, plus exhaustifs, plus tournés vers l'international. Tandis que le Bon Marché cultive depuis toujours une clientèle à dominante féminine, très parisienne, voire de quartier, et financièrement aisée. À Noël aussi, l'offre ultrapointue, les produits exclusifs ou en série limitée sont plus que jamais mis en avant. Au BHV, qui a gardé son image populaire et pratique, fêtes ou pas fêtes, on continue de s'adresser aux Parisiens, même si la récente refonte de l'espace chaussures (et bientôt de l'espace mode) a pour but d'être plus attractif auprès d'une clientèle encore plus ciblée: les bobos de l'Est parisien.

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