Semaine à venir décisive pour l'exécutif sur le front agricole

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L'EXÉCUTIF VA TENTER D'APAISER LA GROGNE DES AGRICULTEURS
L'EXÉCUTIF VA TENTER D'APAISER LA GROGNE DES AGRICULTEURS

PARIS (Reuters) - La semaine à venir s'annonce décisive pour l'exécutif, qui tente d'apaiser un mouvement de protestation lancé au mois de janvier par les agriculteurs et éleveurs confrontés à une série de crises frappant entre autres les filières porcine et laitière.

Les prochains jours seront marqués par l'annonce d'une baisse des cotisations sociales pour les agriculteurs et un conseil des ministres de l'Union européenne, au cours duquel la France promet d'obtenir des avancées.

Les agriculteurs ont multiplié ces dernières semaines les actions, en particulier les barrages routiers dans l'Ouest, pour réclamer des réponses à leurs difficultés économiques provoquées notamment par une baisse des cours des produits agricoles.

Après le blocage des plateformes logistiques de la grande distribution, les manifestations des agriculteurs se sont durcies en Bretagne avec des opérations coups de poing qui ont entraîné d'importants dégâts sur différents sites.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, une quinzaine de tracteurs et de remorques chargées de pneus et de détritus divers ont pris ainsi pour cible la chambre d'agriculture du Finistère à Quimper, déversant leurs chargements avant d'y mettre le feu.

Cinq agriculteurs ont été placés en garde à vue vendredi pour dégradations volontaires et des tracteurs ont été saisis, a-t-on appris auprès de la chambre d'agriculture.

"C'est extrêmement tendu sur le terrain, on a des situations de détresse complète dans nos campagnes, beaucoup n'entendent plus rien", a déclaré à la presse André Sergent, le président de la Chambre d'agriculture locale.

Vendredi matin, de nouvelles actions ont été engagées, notamment à Quimperlé, où plusieurs dizaines d'agriculteurs ont bloqué les accès de l'hypermarché Leclerc.

DÉTRESSE

Les éleveurs disent subir les conséquences d'un embargo russe sur les importations, le poids de charges jugées trop lourdes et le carcan de normes trop contraignantes, en plus de la baisse des prix. Ils affrontent aussi dans le Sud-ouest une crise due à une épidémie de grippe aviaire.

Interrogé sur la détresse des paysans, François Hollande a annoncé jeudi soir une baisse imminente des cotisations sociales versées par les agriculteurs, sans en préciser l'ampleur.

"Le Premier ministre va annoncer avant le 17 février une nouvelle baisse des cotisations sociales, tout de suite, pour l'ensemble des agriculteurs", a dit le chef de l'Etat lors de son entretien sur France 2 et TF1.

Il a ajouté que le conseil des ministres européens de l'Agriculture du 15 février devait trouver des solutions.

"Le 15 février, ça va bouger. Parce qu'on ne peut pas rester comme ça. Il faut qu'il y ait un plan européen de stockage, il faut qu'on puisse agir sur l'embargo russe", a-t-il déclaré.

Selon un mémorandum adressé par Stéphane Le Foll aux autorités européennes et transmis à Reuters, la France demande un relèvement temporaire du prix d'achat public par l'UE (prix d'intervention) de la poudre de lait afin d'éponger le marché.

Elle souhaite la création de mécanismes permettant de donner des aides aux producteurs qui ont volontairement réduit leur production en période de baisse des prix, la prolongation de l'aide au stockage privé pour le porc et obtenir l'indication du pays d'origine de la viande dans les produits transformés.

La France demande en outre la création d'un outil de crédit européen à l'exportation et des outils financiers de la Banque européenne d'investissement (BEI), notamment pour aider les exploitations les plus endettées.

Pour mener ces discussions, François Hollande a maintenu jeudi Stéphane Le Foll à la tête d'un ministère qu'il dirige depuis près de quatre ans.

Les précédentes annonces du gouvernement n'avaient pas suffi à calmer la colère des agriculteurs.

Fin janvier, il avait promis le déblocage d'une enveloppe de 290 millions d'euros d'aides destinée aux agriculteurs et aux éleveurs pour les aider à faire face aux crises conjoncturelles.

Faute d'avancées jugées suffisantes par les paysans dans les semaines à venir, le gouvernement pourrait vivre un Salon de l'agriculture mouvementé, du 27 février au 6 mars.

(Simon Carraud, avec Pierre-Henri Allain à Rennes, édité par Yves Clarisse)

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  • rodde12 le vendredi 12 fév 2016 à 17:16

    C'est quand le salon de l'agriculture? Ils auront un visiteur de moins.

  • nanard83 le vendredi 12 fév 2016 à 16:02

    suite : c'est sans issue

  • nanard83 le vendredi 12 fév 2016 à 16:01

    La France agricole sera seule face au reste de l'EuropeIl y a trop d'exploitants dans ce pays , mais comme il n'y a plus d'industrie