Self garage : quand le client devient mécanicien

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Avec ou sans l'aide d'un mécanicien, une soixantaine de garages en France proposent à leur clients de réparer ou d'entretenir eux-mêmes leur véhicule afin de faire des économies. » Pièces auto : le régulateur veut ouvrir le marché

Contrairement aux garages et centres auto classiques, dans les self garage, «le mécanicien, c'est vous!», explique Franck Bruyère, gérant de «Garage Libre», situé à Pézenas, dans l'Hérault (34). Cet ancien concessionnaire Citroën a vendu son agence il y a 2 ans pour se lancer dans le self garage en avril 2011. Le concept est simple: les clients viennent avec leurs pièces et réparent eux même leur véhicule en faisant des économies de main d'œuvre et de matériels.

«Etant donné l'augmentation du prix de l'essence et de la main d'œuvre, les clients achètent de plus en plus leurs pièces détachées sur Internet pour faire des économies, constate le garagiste. Mais j'ai réalisé qu'ils n'avaient pas d'endroit spécifique pour faire leur réparation. J'ai donc décidé d'ouvrir ce garage avec ma femme pour leur louer le matériel et pratiquer des prix attractifs». Par exemple, une vidange comprenant huile, liquide de refroidissement, filtre et location du pont, ne coûte que 33 euros, contre 90 euros en moyenne dans un centre auto et 180 euros chez un concessionnaire.

Une main d'œuvre qualifiée moins chère

De la vidange au changement de plaquettes de frein, en passant par le renouvellement des pneus, le client peut effectuer toutes les opérations courantes, louer des ponts et du matériel et acheter, si besoin, des produits nécessaires à l'entretien (huile, filtre,etc). Un mécanicien peut également conseiller le client et si l'intervention s'avère trop compliquée, il prend le relais. Là encore, le prix de la main d'œuvre est moindre: comptez entre 30 et 35 euros par heure, un tarif trois fois moins cher qu'en concession où il s'élève à 90 euros de l'heure en moyenne.

Ouvrier mécanicien dans le second garage ouvert par Franck Labruyère en avril dernier, Pierre Diebolt vérifie toujours les opérations de ses clients. «Au lieu de le faire chez eux ou sur un bout de trottoir, on leur loue du matériel dans des conditions sécurisées et ils bénéficient de l'expertise d'une personne qualifiée», explique-t-il tout en remontant des pneus sur une voiture.

Une dimension pédagogique

A Bordeaux, Béatrice Aspart est directrice de «Garage Moderne», un atelier associatif ouvert il y a 13 ans. Elle n'aime pas trop le terme de «self garage» car «on ne se contente pas de louer un lieu, il y a vraiment une dimension pédagogique et participative chez nous. Des mécaniciens assistent les adhérents de l'association quel que soit leur niveau de connaissances et leur apprennent à réparer leur véhicule», insiste la gérante. «Mais de plus en plus de gens se rendent chez nous pour faire des économies, reconnaît Béatrice Aspart. Surtout depuis l'année dernière, on sent vraiment qu'ils cherchent à dépenser moins».

Le concept n'est pas nouveau, mais «depuis la crise, ce type de garage s'est redéveloppé», analyse Nicolas Chevallier, éditeur d'un site qui référence une soixantaine de self garage en France. Les clients se sont fait arnaquer par des concessionnaires ou n'ont plus les moyens de se payer des réparations. Ils sont ainsi de plus en plus nombreux à fréquenter ces garages. Même engouement chez les mécaniciens. «Ils ont perdu leur emploi et sont nombreux à me solliciter, attirés par l'auto-entreprenariat», raconte le gérant du site qui compte quelque 10.000 visiteurs mensuels.

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  • marcsim5 le lundi 12 nov 2012 à 12:53

    Entre refaire ses freins pour 100€ maintenant ou attendre de pouvoir sortir les 400€ du devis, je me demande ce que commande l'interêt public...

  • frk987 le lundi 12 nov 2012 à 10:07

    Il y a des domaines où l'intérêt public commande d'interdire ce genre de pratiques : un freinage défectueux peut avoir des conséquences graves pour des tiers.

  • marcsim5 le lundi 12 nov 2012 à 09:57

    Enfin! il est grand temps que le monde associatif se developpe dans le domaine des ateliers (mécanique, menuiserie, electromecanique et electronique). Cela permettra de pouvoir utiliser les bons outils et d'acquerir de bonne base à moindre frais.

  • Math0606 le lundi 12 nov 2012 à 09:35

    Et comment se passent les assurances si il y a un accident ... Les assurances ne vont-elles pas dire que tous les entretiens n'ont pas été correctement effectués pour ne pas rembourser les dégâts d'une panne ?

  • ahouard1 le lundi 12 nov 2012 à 09:04

    Normal trop de charges sociales sur le travail,et le client ne peut plus se payer un entrerien correct de son véhicule ; Ne parlons pas du travail au noir ; nos chers politiques , une fois de plus ne comprennent rien .