Séisme en Nouvelle-Zélande: les touristes évacués racontent l'effroi

le , mis à jour à 12:31
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Des touristes évacués par un hélicoptère militaire le 15 novembre 2016 à Kaikoura en Nouvelle Zélande ( AFP / CHRIS FOLEY )
Des touristes évacués par un hélicoptère militaire le 15 novembre 2016 à Kaikoura en Nouvelle Zélande ( AFP / CHRIS FOLEY )

Des touristes évacués par hélicoptères ont relaté mardi les secondes d'effroi vécues lors du très puissant séisme qui a dévasté dans la nuit de dimanche à lundi une région côtière de Nouvelle-Zélande.

Le tremblement de terre de magnitude 7,8, qui a fait deux morts, a semé le chaos dans la localité touristique de Kaikoura, sur l'Ile du Sud, dont toutes les voies d'accès terrestre sont désormais impraticables en raison de glissements de terrain.

"J'ai eu la peur de ma vie", a raconté David Foulds, un touriste d'Auckland arrivé dimanche soir avec sa femme à Kaikoura, quelques heures avant la secousse, et qui se trouvait à l'arrêt dans son véhicule quand la Terre a tremblé.

Dégâts causés par un séisme, le 14 novembre 2016 à Wellington
Dégâts causés par un séisme, le 14 novembre 2016 à Wellington ( AFP / Marty Melville )

"Nous avons pensé que des gens secouaient la voiture. Elle faisait des bonds", a-t-il dit à l'AFP. "Quand ça s'est arrêté, nous avons déguerpi. La ville était sens dessus dessous."

Le couple faisait partie mardi de la première centaine de touristes évacués par hélicoptères de Kaikoura. Au moment du séisme, 1.200 visiteurs étaient présents dans cette localité de 2.000 habitants connue comme un point de départ pour les excursions d'observation des baleines.

L'épicentre de la secousse a été localisé à 23 km de profondeur, près de cette ville située à environ 90 kilomètres au nord de Christchurch, où un séisme de magnitude 6,3 avait fait 185 morts en février 2011.

Un bâtiment de la marine, le HMNZS Canterbury, capable d'évacuer des centaines de personnes, est attendu dans la zone, vraisemblablement mercredi.

En attendant, quatre hélicoptères de l'armée de l'air ont été mobilisés, de même que des appareils privés, pour acheminer les touristes vers Woodend, juste au nord de Christchurch. Plus de 1.200 répliques ont été enregistrées depuis la secousse principale survenue lundi vers minuit, heure locale.

- Risques d'éboulements -

Peter Möller, un Allemand en vacances pour le "voyage d'une vie" avec son épouse, leur fille et petit-fils, à l'occasion de ses 60 ans, a, lui, craint que le mobile home où ils dormaient ne se renverse.

Séisme en Nouvelle-Zélande
Séisme en Nouvelle-Zélande ( AFP / John SAEKI, Laurence CHU )

"Tout est tombé et s'est écrasé à l'intérieur", a-t-il raconté. "Nous étions bien sûr au courant du séisme de Christchurch. Mais jamais nous aurions imaginé en vivre un."

La facture des réparations va vraisemblablement atteindre les milliards de dollars, mais la première mission des pouvoirs publics est la distribution de vivres et d'équipements à la ville isolée, a déclaré le Premier ministre John Key.

"C'est plus d'eau et de nourriture, c'est plus de toilettes chimiques, c'est réparer l'accès routier, c'est évacuer les touristes et puis enfin, ça sera le gros travail de nettoyage", a-t-il dit à la chaîne TVNZ.

Des glissements de terrains ont fait tomber des centaines de tonnes de débris sur un important axe routier tandis que des rails de chemin de fer ont été arrachés.

L'institut officiel néo-zélandais GeoNet a indiqué qu'entre 80.000 et 100.000 éboulements avaient été recensés lors de reconnaissances aériennes et mis en garde contre le danger qu'ils représentent.

Les efforts des secours étaient entravés par le mauvais temps --pluies torrentielles et vents violents-- mais en dehors de Kaikoura, la vie reprenait peu à peu son cours normal.

La Nouvelle-Zélande se trouve à la limite des plaques tectoniques de l'Australie et du Pacifique, zone qui fait partie de la "ceinture de feu" du Pacifique, où jusqu'à 15.000 séismes sont enregistrés chaque année.

L'armée a indiqué qu'un Hercules C-103 attendait d'acheminer des vivres à Kaikoura. La Nouvelle-Zélande a accepté l'offre de l'US Navy de mettre à sa disposition deux hélicoptères MH-60. Le Japon a également proposé son aide.

M. Key a dit avoir, dans la précipitation, raté le premier coup de fil du président élu américain Donald Trump.

"Il essaie de me joindre et ce sera fait très bientôt", a-t-il dit. "Je vais garder mon téléphone allumé."

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