Séisme en Iran près de la centrale de Bushehr, 37 morts

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SÉISME MEURTRIER EN IRAN PRÈS DE LA CENTRALE DE BUSHEHR
SÉISME MEURTRIER EN IRAN PRÈS DE LA CENTRALE DE BUSHEHR

par Yeganeh Torbati et Marcus George

DUBAI (Reuters) - Un fort tremblement de terre a fait 37 morts et 850 blessés mardi dans le sud de l'Iran, non loin de la centrale nucléaire de Bushehr, rapporte l'agence de presse iranienne Isna.

Le séisme, d'une magnitude de 6,3, a totalement détruit un village, a déclaré un responsable du Croissant-Rouge. Dans l'ensemble de la région touchée, 700 habitations ont été détruites, a déclaré le gouverneur de la province de Bushehr, Fereydoun Hassanvand, cité par l'agence de presse iranienne Mehr. Beaucoup de maisons, dans les zones rurales de la province, sont construites en terre.

La centrale de Bushehr, la seule du pays, n'a pas subi de dégât, selon son constructeur russe et un responsable politique iranien. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a dit avoir été informée par l'Iran que le séisme n'avait provoqué ni dégât ni fuite radioactive à Bushehr.

Dans les pays du Golfe, au Qatar et au Bahreïn, des bureaux ont été évacués après le séisme, dont l'épicentre a été localisé à environ 90 km au sud-est du port de Bushehr, selon les données de l'institut américain de géologie (USGS). Le séisme, qui s'est produit en début d'après-midi, a aussi été ressenti à Dubaï.

Abdulkarim Jomeiri, un parlementaire de la région de Bushehr, a déclaré à l'agence de presse Irna, qu'il y avait environ 80 km entre l'épicentre du séisme et la centrale nucléaire de Bushehr et qu'il n'y avait "aucun dégât à la centrale électrique sur la base des dernières informations".

A Moscou, le constructeur russe de la centrale, qui est située à une vingtaine de km au sud de Bushehr, a dit que l'activité n'était pas affectée. "Le personnel continue de travailler normalement et les niveaux de radiation sont entièrement dans les normes", a déclaré un responsable d'Atomstroïexport cité par l'agence de presse russe RIA.

Une habitante de Bushehr a rapporté que les maisons avaient bougé dans la ville mais qu'il n'y avait pas de dégâts.

"Nous avons clairement ressenti le tremblement de terre", a raconté au téléphone Nikoo, qui a souhaité n'être identifiée que par son prénom. "Tout a tremblé, lustres et fenêtres."

SECTEUR HAUTEMENT SISMIQUE

Le séisme de mardi est d'une ampleur nettement moindre que celui d'une magnitude de 9 qui a frappé le Japon il y a deux ans, déclenchant un tsunami qui avait détruit les générateurs de secours et le système de refroidissement de la centrale nucléaire de Fukushima. Trois des réacteurs avaient fondu.

L'Iran est le seul pays exploitant une centrale nucléaire qui ne relève pas du régime de la Convention sur la sûreté nucléaire, négociée après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en 1986 qui avait contaminé d'importantes zones.

Les pays arabes du Golfe et les experts occidentaux se sont inquiétés de la construction de la centrale de Bushehr dans un secteur hautement sismique. L'Iran estime que l'endroit est sûr. La centrale est entrée en service en septembre 2011 après plusieurs décennies de retard.

L'Iran, situé sur une ligne de faille importante, a connu plusieurs séismes dévastateurs ces dernières années. En 2003, une secousse d'une magnitude de 6,6 avait détruit la ville de Bam, dans le sud-est du pays et fait plus de 25.000 morts.

Un rapport publié la semaine dernière par les cercles de réflexion Carnegie Endowment et Federation of American Scientists souligne que le réacteur de Bushehr se situe "de façon inquiétante" à l'intersection de trois plaques tectoniques.

La centrale "ne risque pas un tsunami d'ampleur comparable à celui qui a mis hors service les systèmes électriques et de refroidissement d'urgence à Fukushima. Mais les mises en garde répétées concernant la menace de tremblements de terre pour la centrale nucléaire de Bushehr semblent être tombées dans l'oreille d'un sourd", lit-on dans le rapport.

Le séisme de mardi s'est produit alors que l'Iran fêtait la Journée nationale de la technologie nucléaire, qui célèbre les avancées technologiques du pays visant à réduire sa dépendance vis-à-vis des énergies fossiles.

Avec Steve Gutterman à Moscou, Regan Doherty à Doha et Frederik Dahl à Vienne; Danielle Rouquié et Eric Faye pour le service français

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