Ségolène Royal tente la greffe rochelaise

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Ségolène Royal tente la greffe rochelaise
Ségolène Royal tente la greffe rochelaise

par Claude Canellas

LA ROCHELLE, Charente-Maritime (Reuters) - Ségolène Royal tente le pari de revenir à l'Assemblée nationale, qu'elle ambitionne de présider, dans une circonscription acquise à la gauche mais où elle a fort à faire face à un ex-socialiste exclu du parti pour s'être opposé à son "parachutage".

L'ancienne candidate présidentielle de 2007, qui a connu une cinglante défaite lors de la primaire socialiste pour 2012 face à son ancien compagnon François Hollande, a jeté son dévolu sur la 1ère circonscription de Charente-Maritime qui couvre La Rochelle et l'Ile de Ré, détenue jusqu'alors par Maxime Bono.

Ce dernier a passé la main à la présidente de la région Poitou-Charentes, qui avait choisi de ne pas demander le renouvellement de son mandat de députée des Deux-Sèvres en 2007.

Ségolène Royal pensait avoir trouvé dans cette circonscription très marquée à gauche un tremplin idéal vers la présidence de l'Assemblée nationale.

Elle a même reçu le soutien du Premier ministre qui a déclaré cette semaine qu'elle en avait "les qualités" et que "pour la première fois, une femme à la présidence de l'Assemblée nationale, se serait un beau symbole".

Jean-Marc Ayrault est venu vendredi à La Rochelle pour la soutenir, sans doute conscient que pour Ségolène Royal le chemin n'était pas semé de pétales de roses.

"Elle a une très grande expérience. Nous avons besoin d'elle à l'Assemblée nationale pour réussir le redressement qui ne se fera pas sans une vie parlementaire active et riche", a-t-il déclaré aux journalistes.

Ce sont des épines que Ségolène Royal a trouvées sur place avant le scrutin législatif des 10 et 17 juin.

Le premier secrétaire départemental du PS Olivier Falorni, qui se croyait légitime et avait par avance annoncé sa candidature en cas de désistement de Maxime Bono, est entré en guerre ouverte contre ce qu'il qualifie de "déni de démocratie".

"Il n'y a pas d'ambiguïté. Ségolène est la seule candidate", a souligné vendredi Jean-Marc Ayrault.

Un sondage Ifop paru vendredi dans Sud-Ouest donne une avance confortable au premier tour à la "dame du Poitou", qui obtiendrait 33% des suffrages contre 26% à Olivier Falorni.

UN DISSIDENT SOCIALISTE EN COLÈRE

Sally Chadjaa, la candidate de l'UMP, recueillerait 19,5%, ce qui risque d'être trop juste pour lui permettre de se maintenir si la participation ne dépasse pas 60%, et le Front national arriverait en quatrième position avec 9% des voix.

La perspective d'un duel gauche-gauche au deuxième tour paraît aujourd'hui bien réelle, avec la droite pour arbitre.

Le président du Conseil général de Charente-Maritime, l'ancien ministre UMP Dominique Bussereau, grand pourfendeur de l'action de Ségolène Royal, a déjà donné le ton de ce qu'il pourrait dire le 10 juin au soir en saluant en Olivier Falorni "un élu et un responsable politique courageux".

Olivier Falorni, 40 ans et ancien proche de François Hollande, n'a pas de mots assez durs pour stigmatiser les visées de celle qui, selon lui, ne voit la Rochelle que comme "un tremplin pour atterrir sur un perchoir doré".

"C'est un parachutage imposé qui s'est effectué de manière scandaleuse. Je suis face à une candidate qui pratique le sectarisme et le clientélisme, qui parle de démocratie participative et ne respecte pas le vote des militants", a-t-il dit à Reuters.

L'exclu du PS voit sur le terrain "de plus en plus de gens qui (le) soutiennent ou expriment leur colère, ou les deux".

Face à l'hostilité ambiante, Ségolène Royal a tenté de calmer le jeu, appelant à l'union.

"Je ferai tout pour que les socialistes se rassemblent, et au-delà, pour que s'unissent toutes celles et tous ceux qui se retrouvent dans les valeurs de progrès social, d'écologie et dans les préoccupations de défense de l'emploi et de développement harmonieux du territoire", avait-elle écrit dans un communiqué il y a quelques semaines.

Elle a reconnu que la procédure était "inhabituelle" mais pour se demander si sa situation, de par ses combats antérieurs, n'était "pas aussi hors du commun". "Je mérite un minimum de respect, non?".

A près d'une semaine du premier tour, La Rochelle est déjà sûre de conserver un député de gauche mais les jeux sont loin d'être faits pour la présidente de la région Poitou-Charentes.

Edité par Yves Clarisse

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  • M1178616 le vendredi 1 juin 2012 à 23:15

    dehors la sauterelle

  • M1257259 le vendredi 1 juin 2012 à 21:36

    et je comprends pas que notre premier ministre soutienne ça !

  • M1257259 le vendredi 1 juin 2012 à 21:33

    c 'est scandaleux, mais pour qui se prend elle?quelle sale mentalité cette femme, elle qui ne respecte rien ni personne demande du respect??qu'elle commence par un peu d'humilité si tant est qu'elle connaisse la definition de ce motje suis outréil est vrai que le perchoir de l'assemblee est un poste eminament bien remunéré avec appart fonction, domestiques chauffeurs etc etc et qu'elle le veut a tout prix.Ca lui ferait les pieds d'etre mis dehors par les electeurs

  • M7523987 le vendredi 1 juin 2012 à 20:58

    Cette femme est trop ambitieuse : elle se moque de tous ses électeurs qui ne représentent pour elle qu'un moyen d'accéder au perchoir sinon elle retournera aux oubliettes !!!!!!!! ce sera mieux ainsi.........