Ségolène Royal s'inquiète de l'impact d'Hinkley Point sur EDF-FT

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    PARIS, 13 mai (Reuters) - La ministre de l'Environnement et 
de l'Energie Ségolène Royal s'inquiète dans un entretien au 
Financial Times de l'impact du coût "colossal" d'Hinkley Point 
sur les finances d'EDF  EDF.PA , tout en estimant qu'un abandon 
du projet pourrait nuire à l'image de la France. 
    Le projet de l'électricien français de construire deux 
réacteurs nucléaires de type EPR à Hinkley Point, en Angleterre, 
suscite depuis plusieurs mois le débat en raison notamment de 
son coût élevé de 18 milliards de livres.  
    Les élus du CCE d'EDF ont demandé une expertise externe sur 
ce projet pour lequel les syndicats demandent un report du feu 
vert du groupe au-delà de 2016, voire de trois ans.   
    Le PDG d'EDF, Jean-Bernard Lévy, veut pour sa part donner le 
coup d'envoi dès que le groupe aurait obtenu l'avis de son CCE, 
tandis que le ministre de l'Economie Emmanuel Macron évoquait 
récemment un feu vert en septembre. 
    "Je me demande si nous devrions poursuivre ce projet. Les 
sommes en jeu sont colossales", a expliqué Ségolène Royal dans 
l'entretien.  
    "Je pense que si Hinkley Point ne se concrétisait pas, cela 
ne mettrait pas en péril le secteur français du nucléaire", 
ajoute-t-elle. 
    EDF, dont l'Etat français détient près de 85%, a vu ses 
notes de crédit dégradées par S&P et Moody's au cours des 
dernières vingt-quatre heures.   et   
    Moody's estime notamment que le plan d'action annoncé par le 
groupe le 22 avril risque de ne pas suffire à compenser l'impact 
de la baisse des prix et les lourds investissements à venir. 
L'agence de notation ajoute que la note pourrait être encore 
abaissée si Hinkley Point était maintenu. 
    Ségolène Royal estime cependant qu'un retrait du projet 
pourrait nuire à la réputation de la France. 
    "Cela enverrait un mauvais signal, les concurrents diraient 
: 'regardez la France, l'Etat ne tient pas sa parole'". 
    La ministre précise avoir demandé à EDF de lui garantir que 
le projet britannique ne se ferait pas aux dépens des 
investissements dans les énergies renouvelables. 
    "EDF ne m'a pas encore répondu, ils continuent de réfléchir. 
Mais ils doivent m'apporter la preuve", a expliqué la ministre.  
    EDF n'a pas souhaité faire de commentaire.  
 
 (Gwénaëlle Barzic, avec Mathieu Rosemain, édité par Yann Le 
Guernigou) 
 

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