Ségolène Royal prône un compromis sur le barrage de Sivens

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SÉGOLÈNE ROYAL TENTE DE DÉMINER LE DOSSIER DU BARRAGE DE SIVENS
SÉGOLÈNE ROYAL TENTE DE DÉMINER LE DOSSIER DU BARRAGE DE SIVENS

PARIS (Reuters) - La ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, tente mardi en fin de journée de déminer le dossier du barrage de Sivens (Tarn) en réunissant défenseurs de l'environnement, représentants des agriculteurs, élus locaux et experts au ministère à Paris.

Le projet a été suspendu pour une durée indéterminée après la mort il y a neuf jours de Rémi Fraisse, un jeune manifestant écologiste tué par une grenade lancée par les gendarmes.

"Ma responsabilité est de trouver des solutions, l'objectif de cette réunion c'est de trouver des solutions", a annoncé dimanche Ségolène Royal, tout en affirmant que la décision appartiendrait au conseil général et non à l'Etat.

Le barrage de Sivens est devenu une affaire hautement politique, au même titre que le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, et un compromis pourrait être recherché autour d'un projet alternatif.

"Ceux qui pensent qu'on peut faire les choses en tout ou rien se trompent. Nous allons examiner toutes les solutions alternatives. Au service de l'intérêt général, je vais tenter de rapprocher des points de vue très divergents", a expliqué Ségolène Royal mardi sur France 2.

Les écologistes réclament l'abandon pur et simple du barrage, destiné à retenir 1,5 million de mètres cubes d'eau, soulignant que cette retenue viendrait détruire 13 hectares de "zones humides" qui abritent "un réservoir de biodiversité".

"Abandonner le barrage est une question de bon sens", affirme mardi dans le Parisien Nicolas Hulot, conseiller de François Hollande pour la protection de l'environnement.

"PROJET DÉMESURÉ"

"Je pense qu'il y a des agriculteurs qui avaient besoin de ces réserves d'eau, mais ce que disent un certain nombre d'expertises, c'est qu'on n'a pas exploré d'autres alternatives. Ce sur quoi tout le monde est d'accord, c'est que le projet est démesuré", a-t-il précisé sur Europe 1.

Le député Vert Noël Mamère doute pour sa part de la légalité du projet, en plus d'être "une aberration écologique et un fiasco politique".

"Il n'est pas légal, il y a un vice originel. Les experts sont les mêmes qui ont construit le barrage, une société d'économie mixte (...) qui a fait l'étude et réalisé le barrage", a-t-il dit sur RTL.

Mais les élus du conseil général du Tarn jugent cet ouvrage de 8,4 millions d'euros indispensable pour irriguer les terres agricoles et assurent qu'une autre zone humide sera recréée non loin. Le chantier bénéficie de fonds structurels européens et de subventions de la part de l'agence de l'eau Adour-Garonne.

Un rapport commandé par le ministère de l'Ecologie estime que les besoins en retenue d'eau ont été surestimés et que l'étude d'impact a été de "qualité moyenne".

Les experts ne remettent pas en cause le projet, jugeant qu'il est trop avancé pour l'annuler, mais préconisent de réduire le volume d'eau destiné à l'irrigation classique pour le reporter sur d'autres usages.

(Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

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  • mlaure13 le mardi 4 nov 2014 à 18:31

    Un compromis ???...en le faisant deux fois moins haut ???...MdR...

  • dotcom1 le mardi 4 nov 2014 à 13:37

    C'est tellement plus important de décider du sort de 13 hectares de marais puants, plutôt que de réduire les dépenses publiques.

  • M3435004 le mardi 4 nov 2014 à 13:10

    C'est comme pour Léonarda : on pourra faire le barrage, mais sans eau ! On voit bien qu'ils ont fait des synthèses ensemble. et accessoirement 4 enfants et une SCI !