Sécurité renforcée autour de l'esplanade des Mosquées

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(Actualisé avec prières sans incidents majeurs) par Luke Baker JERUSALEM, 31 octobre (Reuters) - Les prières de la mi-journée se sont déroulées sans violence et sous une sécurité renforcée à la mosquée Al Aqsa, vendredi, après la réouverture partielle de l'esplanade de la vieille ville de Jérusalem fermée par les autorités israéliennes, la veille. Seuls les hommes âgés de plus de 50 ans ont été autorisés à pénétrer dans la mosquée, principal bâtiment de ce que les musulmans considèrent comme le troisième lieu saint de l'islam. Selon la police, plus de 4.000 fidèles ont pris part aux prières de la mi-journée pour lesquelles un millier de policiers avaient été mobilisés. Ces unités ont patrouillé dans les rues de Jérusalem-Est et contrôlé l'identité des personnes à l'entrée des portes donnant accès à l'esplanade. Quelques jeunes gens ont lancé des pétards et ont tenté de franchir un cordon de police, mais aucune violence grave n'a été signalée. Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, avait estimé jeudi que la fermeture complète du lieu, une première depuis 2000 lorsqu'avait débuté la deuxième Intifada, constituait "l'équivalent d'une déclaration de guerre". Son mouvement le Fatah et le Hamas ont, tous deux, appelé à une "journée de colère" vendredi à Jérusalem pour protester contre la fermeture de ce lieu saint. Sa réouverture a été favorisée par l'intervention du roi Abdallah de Jordanie qui a fait valoir auprès des autorités israéliennes qu'une fermeture prolongée ne ferait qu'accentuer les tensions, ont indiqué des responsables jordaniens. La police israélienne limite régulièrement la fréquentation de l'esplanade à certains visiteurs afin de prévenir des violences éventuelles sur le site. En général, seuls les femmes et les hommes d'un certain âge (plus de 40 ou 50 ans) sont alors autorisés à pénétrer dans l'enceinte. "En temps normal, je me rends cinq fois par jour à la prière mais la police ne m'a pas laissé entrer", a commenté Ahmed Abou Zaaror, 21 ans, qui tient un petit commerce de fruits dans la vieille ville. La tension s'est accentuée au cours des dernières semaines à Jérusalem-Est et autour de l'esplanade en raison des projets de colonies israéliennes de peuplement dans cette partie de la ville. L'esplanade des Mosquées grande de 15 hectares, que les Israéliens appellent Mont du Temple, cristallise les antagonismes entre juifs et musulmans. INTERDIT Le site construit au VIIe siècle abrite la mosquée Al Aqsa et le Dôme du Rocher. C'est sur ce lieu que le prophète Mahomet se serait envolé pour gagner le paradis. L'endroit est révéré par les musulmans qui le considèrent comme le troisième site saint de l'islam après La Mecque et Médine en Arabie saoudite. Pour les juifs, l'endroit revêt également un caractère sacré puisque c'est là que fut construit le temple de Salomon, détruit et remplacé par un second temple abattu par les armées romaines en l'an 70. Le seul vestige de ce second temple est Kotel, le mur des lamentations, qui se trouve à l'extrémité ouest en contrebas de l'esplanade. Après l'occupation de Jérusalem-Est à la faveur de la guerre des Six-Jours en 1967, le gouvernement israélien a décidé de laisser à l'instance traditionnelle musulmane (Waqf) l'administration du site. Les juifs peuvent accéder à l'esplanade mais n'ont pas le droit d'y prier. Or, c'est cet interdit que le militant extrémiste israélien Yehuda Glick entendait remettre en cause en organisant des visites régulières de touristes sur l'esplanade. Ces visiteurs profitaient de l'occasion pour prononcer des prières juives, provoquant la colère des fidèles musulmans. Glick et certains extrémistes religieux nourrissent par ailleurs le projet de construire un troisième temple sur l'esplanade même. Colon d'origine américaine, Yehuda Glick a été grièvement blessé par balle mercredi soir à sa sortie d'une conférence au centre Menachem Begin à Jérusalem. Son agresseur présumé a été abattu jeudi par les forces de l'ordre qui l'ont débusqué dans sa maison familiale dans le quartier d'Abou Tor dans la vieille ville. L'incident a provoqué des heurts entre de jeunes Palestiniens lançant des pierres et la police israélienne. (Pierre Sérisier pour le service français) ;))

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