Sécurité renforcée au Gabon après l'élection d'Ali Bongo

le
0
    par Edward McAllister 
    LIBREVILLE, 24 septembre (Reuters) - Les forces de sécurité 
ont été largement déployées samedi à Libreville, la capitale du 
Gabon, après la confirmation par la Cour constitutionnelle de la 
victoire d'Ali Bongo à l'élection présidentielle. 
    Six personnes avaient été tuées dans des émeutes après 
l'annonce par le ministère de l'Intérieur de la courte victoire 
du président sortant lors du scrutin du 27 août. La famille 
d'Ali Bongo dirige le pays depuis près d'un demi-siècle. 
    Le chef de l'opposition Jean Ping, qui affirme qu'une 
centaine de personnes sont mortes lors des récentes violences, 
affirmait que l'élection avait été entachée de fraudes et en 
avait contesté les résultats devant la Cour constitutionnelle. 
    Des camions transportant des policiers et des soldats, dont 
certains vêtus d'équipements anti-émeutes, ont pris position aux 
principaux carrefours et intersections de Libreville dès samedi 
matin. 
    Le circulation était réduite dans la capitale gabonaise, 
nombre d'habitants ayant choisi de rester chez eux. Aucun 
incident n'a été signalé dans l'immédiat. 
    La décision de la Cour constitutionnelle a été annoncée 
vendredi soir. Peu après Ali Bongo a promis d'ouvrir le dialogue 
politique entre ses alliés et ses opposants. 
    Pour l'instant, cette main tendue n'a pas été acceptée par 
Jean Ping. 
    "C'est une situation difficile pour le pays et nous avons 
besoin de temps pour réfléchir et y répondre correctement", a 
commenté Henri Elang, membre de l'entourage de Ping, précisant 
qu'il s'exprimait au nom du candidat battu. 
    Jean Ping tenait une série de réunions avec ses conseillers 
samedi et a refusé de commenter directement le jugement de la 
Cour constitutionnelle. 
    Dans son recours devant la plus haute juridiction du pays, 
l'opposant faisait valoir que les résultats enregistrés dans la 
province de Haut-Ogooue présentaient des irrégularités, Bongo 
ayant recueilli dans son fief 95% des suffrages pour un taux de 
participation de 99,9%. 
    Une mission d'observation électorale de l'Union européenne a 
signalé des anomalies dans cette province. 
    La Cour constitutionnelle avait accepté d'examiner les 
résultats avec la présence d'observateurs de l'Union africaine 
mais elle a jugé irrecevables les feuilles d'émargement fournies 
comme preuves de la fraude présumée présentées par Jean Ping.    
    La cour a annulé les résultats de 21 bureaux de vote à 
Libreville en raison d'irrégularités, accentuant la victoire 
d'Ali Bongo qui est déclaré élu avec 50,66% des voix contre 
49,85% précédemment. 
    "C'est une mascarade. La Cour constitutionnelle a insulté le 
peuple et n'a pas respecté la démocratie", s'est indigné Clay 
Martial, partisan de l'opposition, au quartier général de Ping, 
samedi. 
         
 
 (Pierre Sérisier pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant