Seconde phase des élections législatives en Egypte

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(Actualisé avec le cheikh Al Taïeb, §§ 7, 8) par Ahmed Aboulenein LE CAIRE, 22 novembre (Reuters) - La seconde phase des élections législatives a débuté dimanche en Egypte, un scrutin boudé par l'opposition qui dénonce un processus entravé par la répression exercée par les autorités. Le vote s'étale sur deux jours au Caire et dans douze autres provinces du pays. Le premier tour, qui s'est déroulé les 18 et 19 octobre, n'a attiré qu'un quart de l'électorat. Les candidats fidèles au président Abdel Fatah al Sissi ont été plébiscités. Le chef de l'Etat a déposé son bulletin dans une école de filles du Caire peu après l'ouverture des bureaux de vote à 09h00 (07h00 GMT). La télévision nationale a montré les images de bureaux de vote déserts, comme lors de la première phase. "Il n'y a aucune raison de voter", a déclaré un étudiant, Hassan, âgé de 21 ans. "Ces élections ne veulent rien dire. Tous les candidats qui se présentent ne cherchent qu'à toucher l'indemnité parlementaire." Le principal dignitaire musulman du pays, le cheikh Ahmed al Taïeb, grand imam de la mosquée Al Azhar, a exhorté les électeurs à faire leur devoir. "Je demande à tout le monde, et spécialement aux jeunes, de participer au scrutin", a-t-il dit aux journalistes après avoir lui-même voté. "Nous disons à ce qui veulent boycotter le scrutin de ne pas le faire. L'Egypte est comme votre mère et boycotter l'élection c'est comme désobéir à vos parents." L'Egypte se trouve sans Parlement depuis juin 2012, date à laquelle la justice a prononcé la dissolution de l'assemblée démocratiquement élue après le renversement du président Hosni Moubarak en 2011, et dominée par les Frères musulmans. Alors chef de l'état-major, Abdel Fattah al Sissi a évincé l'année suivante le président Mohamed Morsi, issu de la confrérie et lui aussi démocratiquement élu. L'organisation, qui est le plus ancien mouvement islamiste du pays, a depuis été interdite, étant considérée comme une formation terroriste. Selon les termes de la Constitution adoptée avant l'élection de Sissi à la présidence en 2014, le futur Parlement sera composé de 568 élus -- 448 au scrutin uninominal et 120 au scrutin de liste. En outre, 28 autres députés seront nommés par le président Sissi à l'issue du scrutin, ce qui portera à 596 le nombre total de députés. "Pour l'amour de l'Egypte", coalition d'une dizaine de partis politiques favorables au président Abdel Fattah al Sissi, a remporté comme prévu les soixante sièges attribués au scrutin de liste lors du premier tour et l'on s'attend à ce qu'elle rafle les soixante autres en lice dimanche et lundi. Des formations socialistes et libérales qui auraient pu attirer les voix des opposants ont finalement décidé de ne pas se présenter, ce qui a laissé le champ libre aux partisans du chef de l'Etat, à des personnalités de l'ancien régime, à des notables de province et à des hommes d'affaires. (Guy Kerivel et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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