Second tour du scrutin présidentiel dimanche en Centrafrique

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    par Joe Bavier 
    BANGUI, 12 février (Reuters) - Les candidats au second tour 
de l'élection présidentielle dimanche en République 
centrafricaine, les anciens Premiers ministres Anicet-Georges 
Dologuélé et Faustin-Archange Touadéra, ont achevé vendredi leur 
campagne en promettant de mettre fin à plusieurs années de 
violences ethniques et religieuses. 
    Les électeurs sont également appelés à revoter pour les 
élections législatives, celles du 30 décembre dernier ayant été 
annulées par la Cour constitutionnelle en raison 
d'irrégularités.   
    Dologuélé est arrivé en tête du premier tour de la 
présidentielle avec 23,82% des voix contre 19,45% pour Touadéra. 
    La République centrafricaine a sombré dans le chaos en mars 
2013 lorsque les rebelles musulmans de la Séléka ont pris le 
pouvoir. Leurs exactions ont entraîné des représailles des 
milices chrétiennes "anti-Balaka" et l'armée française a dû 
intervenir dans le cadre de l'opération Sangaris pour mettre fin 
aux massacres. 
    "A un moment, l'Etat s'est effondré, tous les ingrédients 
qui font un Etat se sont évanouis", a déclaré l'influent 
archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga. 
    A la lisière du quartier de PK5, peuplé majoritairement de 
musulmans, des partisans de Touadéra à bord de dizaines de 
camions et à moto ont crié leur espoir de voir leur candidat 
l'emporter. 
     "Bien sûr, nous avons une élection, mais c'est seulement un 
élément (...) pour sortir de la crise", a déclaré Touadéra lors 
d'un débat télévisé vendredi.  
    "Certains de nos frères ont encore des armes (...) Juste 
après ces élections, nous devons ouvrir le dialogue avec eux 
afin de commencer le désarmement", a ajouté l'ancien recteur de 
l'université de Bangui, âgé de 58 ans, qui fut Premier ministre 
de 2008 à 2013.  
    La campagne électorale s'est généralement déroulée dans le 
calme et la participation au premier tour de la présidentielle a 
été de près de 80%, marquant un net désir de "tourner la page" 
après les violences des dernières années. 
    "Les choses sont en train de changer. Dieu nous demande de 
pardonner et je suis prête à pardonner", déclare Coretta Gonda, 
25 ans, qui a perdu sa tante et un jeune frère dans les 
affrontements. 
    Elle s'est rendue vendredi, avec des milliers de 
Centrafricains, au stade de Bangui pour la dernière réunion de 
campagne de Dologuélé, un banquier et économiste qui a été 
Premier ministre de 1999 à 2001. "Le pays s'est écroulé, nous 
devons le reconstruire. Et vous tous, ici, vous pouvez le 
reconstruire !", a-t-il lancé à la foule. 
 
 (Avec Crispin Dembassa-Kette et Léger Serge Kokpakpa; Guy 
Kerivel pour le service français) 
 
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