Séance euphorique à la Bourse de Paris

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Globalement, les dernières publications d'entreprises sont bien accueillies, et les investisseurs ont ignoré aujourd'hui les nouvelles macroéconomiques décevantes des deux côtés de l'Atlantique. Face à la dégradation des conditions économiques, les marchés semblent miser sur de nouveaux efforts de la part des banques centrales, et notamment sur une nouvelle baisse des taux de la part de la BCE après les déclarations très offensives en la matière du G20. A Paris, seule l'action Accor a fini dans le rouge ce mardi, pénalisée par des rumeurs autour du PDG du groupe. Outre-Atlantique, Wall Street progresse encore, après une nouvelle vague de publications trimestrielles, et avant les résultats très attendus d'Apple ce soir...

ECO/DEVISES

Les indicateurs avancés d'activité en Europe restent déprimés. Le sentiment des directeurs d'achats du vieux continent, compilé par Markit, reste positionné en phase de contraction, puisqu'ils ressortent en-deçà du niveau de 50 points pour leur estimation flash d'avril. L'indice synthétique s'établit à 46,5 points, stable par rapport à mars et conforme aux attentes. Dans les services, une très légère embellie se dessine 46,6 contre 46,4 en mars. Dans l'industrie manufacturière, la situation reste dégradée à 46,5 points, au plus bas de quatre mois, contre 46,8 en mars et 46,7 attendu. Globalement, l'indice "signale la 19ème contraction mensuelle de l'activité globale au cours des 20 derniers mois, l'exception ayant été une croissance marginale en janvier 2012", explique Markit ce matin. Parmi les enseignements principaux, le volume des affaires nouvelles enchaîne une 21ème contraction consécutive, tandis que les entreprises sont incitées à réduire leurs effectifs pour le 16ème mois de rang. Les tensions sur les prix ont en revanche tendance à s'atténuer, grâce à la baisse du prix des matières premières.

"Bien que l'indice PMI reste inchangé en avril, la situation économique de l'Eurozone reste préoccupante en ce début de deuxième trimestre, la région semblant s'orienter vers une intensification de la récession", explique l'économiste Chris Williamson, qui estime que les données d'avril pourraient laisser entrevoir une baisse trimestrielle de 0,4% pour l'économie de la région, "qui risque en outre de s'accentuer au cours des prochains mois". "Le retour de la contraction en Allemagne laisse craindre que le principal moteur de croissance de la région ne commence à se replier, entraînant le reste de la région dans son sillage alors que des contractions particulièrement fortes persistent en France, en Italie et en Espagne", ajoute-t-il. Seul rayon de soleil, la baisse des pressions inflationnistes pourrait favoriser l'émergence de politiques de relance...

D'après le Département américain au commerce ce mardi, les ventes de logements neufs aux USA pour le mois de mars 2013 se sont établies sur un rythme annuel ajusté des variations saisonnières de 417.000 unités, contre un consensus de 419.000 et un niveau de 411.000 sur le mois antérieur. Ainsi, les ventes dans le neuf en mars progressent de 1,5% en comparaison du mois antérieur et de 18,5% en glissement annuel.

L'indice d'activité manufacturière régionale de la Fed de Richmond pour le mois d'avril 2013 est ressorti négatif de 6 points, contre un consensus de +3 et un niveau de +3 également rapporté un mois avant. Négatif, l'indicateur d'avril signale une contraction de l'activité.

L'indicateur des prix américains de l'immobilier de la Federal Housing Finance Agency (FHFA) pour le mois de février 2013 est ressorti en croissance de 0,7% en comparaison du mois antérieur, en ligne avec le consensus des économistes de la place.

L'indice manufacturier américain Markit PMI pour le mois d'avril 2013 est ressorti à 52 (lecture préliminaire), contre un consensus de place voisin de 54 et un niveau de 54,6 en mars.

Sur le marché des changes, l'Euro vaut désormais 1,3011$. Du côté du pétrole, le baril WTI ressort à 88,8$ et le Brent s'affiche à 99,8$. L'once vaut quant à elle désormais 1.405,8$.

VALEURS EN HAUSSE

* Nicox flambe de 11,4% alors que le groupe a annoncé des résultats précliniques favorables pour un certain... naproxcinod. Ce composé, en étant retoqué par la FDA, avait failli coûter l'existence du laboratoire, qui avait heureusement pour lui opportunément levé des fonds auparavant, ce qui lui avait permis de réorienter son activité. Naproxcinod n'est pas totalement enterré puisque NicOx avait choisi d'explorer d'autres applications. Il a évoqué ce matin des "résultats précliniques prometteurs" pour le composé, obtenus sur des modèles animaux de dystrophie musculaire.

* STMicroelectronics bondit de 8,7%. Le groupe a dégagé, pour le premier trimestre 2013, un chiffre d`affaires net de 2,01 milliards de dollars, avec une marge brute de 31,3% en ligne avec les prévisions. Sans ST-Ericsson, le chiffre d`affaires du premier trimestre n`a baissé que de 3% par rapport au quatrième trimestre 2012, ce qui est mieux que la saisonnalité habituelle. Depuis le 1er janvier 2013, la segmentation des résultats publiés est conforme au nouveau plan stratégique de la société annoncé le 10 décembre 2012. "Le chiffre d`affaires et la marge brute du premier trimestre sont en ligne avec le point médian de nos prévisions" a déclaré le Président et CEO de ST, Carlo Bozotti. Pour le deuxième trimestre 2013, la société table sur une croissance du chiffre d'affaires d'environ 3%, à plus ou moins trois points et demi de pourcentage près, par rapport au premier trimestre 2013. La marge brute devrait s'établir à environ 32,7%, à plus ou moins deux points de pourcentage près, ce qui suppose une amélioration du plan de charge des usines et de la performance manufacturière par rapport au premier trimestre.

* Les bancaires rebondissent également : Société Générale grimpe de 7% avec Crédit Agricole (+6,8%), BNP Paribas (+5,4%) ou encore Natixis (+3,1%).

* Schneider Electric gagne 5,9% malgré des revenus trimestriels en retrait, à cause d'une conjoncture défavorable et d'un calendrier comptant moins de jours ouvrés qu'il y a un an. Le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 5,21 milliards d'euros au cours du premier trimestre 2013, en baisse de -3,7% en données publiées et de -2,7% sur une base organique. Le nombre plus faible de jours ouvrés sur le trimestre a pesé à hauteur de -1,6% sur les -2,7% de décroissance organique. Cela n'a pas empêché l'entreprise de confirmer ses anticipations annuelles, ce que les analystes saluent ce matin. La SocGen et Deutsche Bank ont réitéré ce matin leurs recommandations à l'achat, en visant respectivement 64 et 58 euros.

* Air France KLM (+5,9%). Comme attendu, le Comité central d'entreprise d'Air France vient d'être placé en redressement judiciaire, selon une source proche du dossier citée par l'AFP. Le CCE de la compagnie aérienne nationale, qui emploie près de 200 personnes et gère un patrimoine de plusieurs millions d'euros, se bat pour sa survie depuis plusieurs années.

* Safran s'adjuge 5,6%. Le chiffre d'affaires a dépassé les attentes au premier trimestre 2013, en atteignant 3,404 milliards d'euros, en croissance de 9,5% en glissement annuel en données publiées, et de 9,6% en organique. Les revenus étaient attendus à 3,345 milliards d'euros par le consensus, en croissance de 7,6% en glissement annuel en données publiées. Sans surprise, les revenus de la défense ont stagné, tandis que le compartiment aéronautique a fortement progressé. Le groupe avait annoncé, en marge de ses comptes 2012, viser une croissance de 5% de ses revenus annuels en données ajustées, et une progression de 15% de son résultat opérationnel courant. Le bon début d'année et une opération de croissance (intégration de Goodrich Electrical Power Systems) permet à Safran de relever les objectifs, avec une croissance de l'activité portée de 5 à 7%. La progression du résultat opérationnel courant est toujours attendue "proche de 15%", et le cash flow libre devrait représenter près de 40% du résultat opérationnel courant ajusté. Les hypothèses de marché pour l'année en cours restent inchangées.

* Faurecia gagne 4,9%. L'équipementier automobile a enregistré une croissance de 1,7% au terme de son premier trimestre 2013, à 4,369 milliards d'euros. Sur une base de change et de périmètre identiques, l'activité se contracte cependant de -0,9%. Les ventes de produits, 3,417 milliards d'euros, progressent de 1,9% en données publiées mais reculent de -1,4% en base comparable. Ce que la société n'a pas trouvé en Europe (-9,9% à 1,876 milliard d'euros à changes constants), elle est allée le chercher en Amérique du Nord (+6,5% à 964 millions d'euros), en Asie (+19,6% à 371,7 millions d'euros) et en Amérique Latine (+21% à 157,6 millions d'euros). Les ventes hors d'Europe représentent désormais 45% de l'activité, contre 39% un an avant.

* PPR prend 4,7%. Nouveau patron pour Puma, mise en bourse prochaine de la FNAC, l'actualité ne manque par chez PPR qui va publier jeudi ses trimestriels, alors que le 'coup de mou' observé chez LVMH est encore dans les esprits du côté de la mode et de la maroquinerie...

* La croissance supérieure aux attentes affichée par Ingenico au premier trimestre 2013 l'emporte sur la déception d'une perte potentielle de 25 ME en Allemagne liée à la faillite d'un client industriel. Le titre progresse de 4,4%.

VALEURS EN BAISSE

* A contre-courant, bioMérieux cède 3,5%, sanctionné après un début d'année assez décevant. Le groupe a réalisé des revenus de 358,9 Millions d'euros au premier trimestre 2013, en baisse de -1,1% en glissement annuel, et quasi-stable (+0,1%) sur une base constante. La président Jean-Luc Belingard évoque le ralentissement constaté en Europe de l'Ouest pour expliquer ce manque de dynamisme, mais laisse aussi entendre que l'Amérique du Nord amorce sa reprise. Malgré ce démarrage mitigé, le groupe maintient son objectif de croissance organique pour 2013, soit une progression de 3 à 5% de l'activité, en misant sur les pays émergents et sur de nouvelles opportunités commerciales, comme le lancement de Vitek MS au Japon, ainsi que sur son portefeuille d'instruments à installer en cours de négociation, "qui connaît une solide augmentation depuis le début de l'année".

* Une seule baisse sur le CAC40, Accor perd 2,1%. Le départ de Denis Hennequin, à la tête d'Accor depuis l'été 2010, se précise. Selon "Les Echos", le PDG du groupe hôtelier ne serait pas remplacé par une seule personne mais par un duo, à savoir un président du conseil d'administration et un directeur général. Le quotidien qui cite plusieurs sources évoque "un duo composé de Philippe Citerne, jusqu'alors vice-président du conseil, et de Yann Caillère, l'actuel directeur général délégué en charge des opérations. Mais un autre tandem est également envisagé : il réunirait en tant que nouveau président du conseil Sébastien Bazin, le patron Europe de Colony Capital, l'actionnaire principal avec Eurazeo, et Yann Caillère pour la direction générale". Un conseil d'administration se tient actuellement, à moins de 48 heures de l'Assemblée générale annuelle du groupe. Le journal précise par ailleurs qu'un "tandem permettrait au conseil de prendre le temps de trouver un véritable successeur à Denis Hennequin".

Finance Plus, édité par lerevenu.com

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