Scrutin régional dans le Schleswig-Holstein, un test pour le SPD

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    KIEL, Allemagne, 7 mai (Reuters) - Les électeurs du Land de 
Schleswig-Holstein, dans le nord de l'Allemagne, sont appelés 
aux urnes ce dimanche pour l'un des deux scrutins régionaux où, 
ce mois-ci, les sociaux-démocrates auront à faire leurs preuves 
s'ils veulent réellement contester, lors des législatives du 24 
septembre, la domination d'Angela Merkel sur la vie politique 
fédérale. 
    L'autre élection régionale se tiendra le 14 mai en 
Rhénanie-du-Nord-Westphalie (ouest du pays), le Land le plus 
peuplé d'Allemagne.  
    Le SPD, qui a bénéficié en début d'année d'un certain 
engouement dans la foulée de la désignation de l'ancien 
président du Parlement européen Martin Schulz à sa tête, a vu la 
dynamique en sa faveur s'essouffler, comme en a témoigné l'échec 
du centre gauche, fin mars, dans la Sarre. 
    "Si ces deux élections régionales sont un échec pour le SPD, 
rien ne sera perdu, mais ce sera difficile de gagner l'élection 
de septembre", relève Gero Neugebauer, politologue à 
l'université libre de Berlin et spécialiste du SPD. 
    "Merkel mène la danse et se présente devant les Allemands 
comme une gestionnaire de crise", ajoute-t-il, rappelant sa 
rencontre la semaine dernière avec le président russe, Vladimir 
Poutine, lors de laquelle les dossiers syrien et ukrainien ont 
été abordés. 
    "Avec Schulz, les gens se demandent 'où est la matière ?', 
il parle de justice sociale, mais les gens veulent savoir ce que 
cela signifie." 
    Selon un sondage Emnid diffusé samedi soir, le bloc 
conservateur CDU-CSU de la chancelière accentue son avance sur 
le SPD au plan fédéral. 
    A un peu plus de quatre mois des législatives fédérales, la 
CDU-CSU est créditée de 36% des intentions de vote, sans 
changement par rapport à la précédente enquête Emnid parue il y 
a une semaine. Le SPD, qui entend priver Angela Merkel d'un 
quatrième mandat à la chancellerie, recule d'un point, à 28%. 
     
    VERS UNE GRANDE COALITION? 
    En mettant l'accent sur la lutte contre les inégalités, 
Martin Schulz veut déplacer vers la gauche le curseur du SPD 
après onze années de présence dans les gouvernements de 
coalition de la chancelière. 
    Ce partenariat a éloigné certains électeurs des deux grands 
partis traditionnels et alimenté l'essor du parti d'extrême 
droite Alternative für Deutschland (AfD), même si l'élan de ce 
dernier semble s'être coupé et qu'il risque d'essuyer une 
cuisante défaite dans le Schleswig-Holstein. 
    Région rurale et agricole, le Schleswig-Holstein compte 2,3 
millions d'électeurs. Situé au nord de Hambourg et au sud du 
Danemark, il est à la pointe de l'industrie allemande de 
l'énergie renouvelable. 
    L'emploi et l'implantation de parcs éoliens sont au coeur de 
la campagne électorale dans cette région dirigée par le 
social-démocrate Torsten Albig. Le ministre-président sortant 
espère conserver le pouvoir à la tête d'une coalition regroupant 
le SPD, les Verts et la Fédération des électeurs du Schleswig du 
Sud, qui représente la minorité danoise du Land. 
    "Si Torsten Albig l'emporte, quelle que soit la 
configuration de sa coalition, cela montrera à l'opinion que les 
élections de septembre restent ouvertes", estime Hajo Funke, 
politologue à l'Université libre de Berlin. 
    Un sondage publié jeudi par la chaîne de télévision publique 
ZDF a laissé toutefois entrevoir une victoire des conservateurs 
de la CDU, crédités de 32% des voix, devant le SPD (29%). 
    Si ces chiffres se confirment, les deux grands partis 
devront se résoudre à former une "grande coalition", scénario 
qui pourrait se reproduire après les législatives de septembre. 
 
 (Fanny Brodersen et Paul Carrel; Nicolas Delame et Eric Faye 
pour le service français) 
 
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