Schulz renonce à un nouveau mandat au Parlement européen

le , mis à jour à 19:56
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 (Actualisé avec réactions de Juncker et de Tusk) 
    par Alastair Macdonald et Philip Blenkinsop 
    BRUXELLES, 24 novembre (Reuters) - Le président du Parlement 
européen, l'Allemand Martin Schulz, a annoncé jeudi qu'il 
renonçait à briguer en janvier un troisième mandat à la tête de 
l'institution pour pouvoir se consacrer à la préparation de sa 
candidature aux élections législatives de septembre 2017 en 
Allemagne. 
    "Je ne serai pas candidat pour un troisième mandat en tant 
que président du Parlement européen", a dit le social-démocrate 
de 60 ans, dans un message lu de Bruxelles et retransmis sur le 
réseau interne du Parlement. 
    "L'année prochaine, je vais me présenter aux élections pour 
le Bundestag comme tête de liste du SPD (Parti social-démocrate 
allemand) en Rhénanie du Nord-Westphalie", a-t-il ajouté.  
    Martin Schulz, qui est régulièrement cité comme possible 
candidat du SPD à la chancellerie allemande face à Angela Merkel 
(CDU) qui a annoncé dimanche qu'elle serait candidate à un 
quatrième mandat, n'a pas évoqué ses ambitions dans ce domaine.  
    Il n'a pas non plus dit si le poste de ministre des Affaires 
étrangères dans le gouvernement de "grande coalition" constitué 
par le bloc CDU-CSU et le SPD l'intéressait.  
    L'actuel chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter 
Steinmeier, doit devenir en février président de la République 
fédérale, et selon les médias allemands, le président du 
Parlement européen a le profil idéal pour lui succéder.  
    A Strasbourg, le départ de Martin Schulz ouvre la voie à 
l'élection d'un candidat du Parti populaire européen (PPE-centre 
droit) à la présidence du Parlement européen, conformément à un 
accord d'alternance passé de longue date. 
     
    JUNCKER "REGRETTE" LE DÉPART DE SCHULZ  
    Parmi les candidatures, celle du Français Alain Lamassoure 
(Les Républicains) - ancien président de la commission des 
budgets du parlement européen qui attendait la décision de 
Martin Schulz pour se déclarer - est jugée comme l'une des 
hypothèses les plus sérieuses au sein du PPE. 
    Si les conservateurs, qui ont formé de fait une grande 
coalition avec le centre-gauche incarné par Schulz, s'assurent 
en janvier la présidence du parlement européen, les trois 
grandes instances européennes se retrouveront dirigées par le 
centre-droit, un cas de figure à l'origine de discussions sur 
des changements au sein de la Commission européenne et du 
Conseil européen. 
    Le président de la Commission européenne, Jean-Claude 
Juncker, avait pressé ses collègues conservateurs au parlement 
de faire en sorte que Schulz reste en fonctions, dans l'intérêt 
de la stabilité, après la décision des Britanniques de quitter 
l'UE. 
    Il a démenti avoir menacé de démissionner si Schulz était 
acculé au départ mais a dit jeudi qu'il "regrettait" qu'il 
parte. 
    Lors d'une conférence de presse, jeudi, Juncker comme le 
président du Conseil européen Donald Tusk ont éludé une question 
sur la possibilité d'une démission de l'un d'entre eux. 
    Donald Tusk a le soutien des pays de l'UE pour accomplir un 
deuxième mandat, même si son propre pays, la Pologne, ne le 
soutient pas, étant dirigée actuellement par une frange 
politique plus à droite que le président du Conseil européen. 
 
 (avec Gilbert Reilhac à Strasbourg, Henri-Pierre André et Eric 
Faye pour le service français) 
 
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