Schneider donne la priorité à la croissance organique

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SCHNEIDER ELECTRIC PRÉVOIT QUE L?IMPACT DES CHANGES VA SE POURSUIVRE EN 2014
SCHNEIDER ELECTRIC PRÉVOIT QUE L?IMPACT DES CHANGES VA SE POURSUIVRE EN 2014

par Gilles Guillaume et Natalie Huet

PARIS (Reuters) - Schneider Electric a déclaré jeudi donner désormais la priorité à la croissance organique et à l'intégration de ses dernières acquisitions, clôturant ainsi un cycle de croissance externe qui aura vu le groupe tripler de taille en dix ans.

Le numéro un mondial des équipements électriques basse et moyenne tension, qui s'est constitué pour l'essentiel en intégrant d'autres entreprises, a finalisé le mois dernier le rachat du groupe britannique Invensys.

"En intégrant Invensys, nous ouvrons un nouveau chapitre dans notre voyage et notre développement, parce que nous avons constitué le portefeuille que nous voulions", a souligné Jean-Pascal Tricoire, président de Schneider, lors d'une journée investisseurs.

En rachetant Invensys, le groupe a complété son activité dans les solutions intégrées pour la gestion de l'énergie et les automatismes, tandis qu'en reprenant le solde d'Electroshield-TM Samara, également en 2013, il s'est renforcé en Russie.

En marge de cette journée investisseurs, le directeur financier Emmanuel Babeau a précisé à Reuters que si le groupe était satisfait de son portefeuille actuel, il n'excluait pas néanmoins de céder certains actifs non stratégiques.

"Le principal message, c'est que le groupe va se concentrer au cours des prochaines années sur la croissance organique et l'amélioration du retour sur ses investissements récents", commente la Société générale dans une note. "Cela marque un réel changement dans la stratégie en matière de M&A, et le marché devrait y trouver son compte."

Vers 14h25, l'action Schneider gagnait 3% à 65,52 euros, enregistrant ainsi l'une des plus fortes progressions de l'indice CAC 40 (-0,5%).

FREE CASH FLOW RECORD

Si Schneider met ainsi un frein aux acquisitions, le free cash flow record de 2,19 milliards d'euros que le groupe a annoncé jeudi pour 2013 prend un relief particulier.

"Si à un certain point, l'intensité de la génération de cash flow signifie que nous atteignons un niveau d'endettement plus bas que celui que nous voulons avoir dans notre bilan, nous n'écartons certainement pas la possibilité de procéder à des rachats d'actions", a indiqué Emmanuel Babeau.

L'an dernier, la dette nette du groupe a baissé de plus d'un milliard à 3,31 milliards d'euros. Schneider a également dégagé un bénéfice net en hausse de 4% et proposé de verser un dividende stable à 1,87 euro par action.

La priorité donnée aux synergies avec Invensys et aux gains de productivité industrielle est venue éclipser les effets de changes négatifs qui ont pesé sur la marge d'exploitation du groupe en 2013. Schneider a vu sa marge d'Ebita (bénéfice avant impôts, intérêts et amortissement) ajusté baisser de 0,2 point de pourcentage à 14,5%, effet de change compris.

La hausse de l'euro, notamment face au dollar américain, au dollar australien, à la roupie indienne et au real brésilien, a amputé le chiffre d'affaires de 879 millions d'euros, la croissance de ses ventes de 3,7 points de pourcentage et sa marge de 42 points de base.

"Sur la base des cours actuels de devises (...) nous sommes sur un impact devises très comparable en 2014 à ce que nous avons connu en 2013, à la fois au niveau du chiffre d'affaires et au niveau de la marge", a ajouté le directeur financier.

Il vise ainsi une hausse de 0,4-0,8 point de sa marge d'Ebita, mais hors devise et en prenant comme comparatif environ 14% pour l'an dernier, en marge proforma établie après intégration d'Invensys et d'Electroshield.

Schneider table aussi sur une croissance organique à un chiffre de son chiffre d'affaires grâce à la poursuite de la croissance du marché résidentiel en Amérique du Nord, des investissements en infrastructures et centres de données en Chine et aux signes de stabilisation de l'activité en Europe.

Au quatrième trimestre, la France est toutefois restée "morose", tandis que le Royaume-Uni a vu une reprise du marché industriel.

Schneider entend poursuivre le rééquilibrage géographique de ces activités en faveur des pays à bas coût. En 2013, pour la première fois, la moitié de la production du groupe en valeur a été fabriquée et vendue dans les pays émergents, contre 41% en 2008 et 18% en 2004.

Edité par Jean-Michel Bélot

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