Schengen-La Grèce a "gravement négligé" ses devoirs

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 (Précisions, contexte) 
    par Alastair Macdonald et Gabriela Baczynska 
    BRUXELLES, 27 janvier (Reuters) - La Grèce a "gravement 
négligé" les obligations prévues par les accords de Schengen 
pour la surveillance de ses frontières et doit y remédier dans 
les trois mois si elle ne veut pas courir le risque de se 
retrouver de facto suspendue de l'espace européen de libre 
circulation.  
    "Le projet de rapport conclut que la Grèce a gravement 
négligé ses obligations et qu'il y a de graves lacunes de la 
part des autorités grecques dans la mise en oeuvre des contrôles 
à la frontière externe" de l'espace Schengen, a déclaré mercredi 
le vice-président de la Commission européenne, Valdis 
Dombrovskis, lors d'un point de presse. 
    Les conclusions de la Commission européenne, discutées par 
les commissaires lors de leur réunion hebdomadaire du mercredi, 
constituent une étape clé vers une extension temporaire, pour 
une période pouvant aller jusqu'à deux ans, des contrôles 
frontaliers imposés par certains pays membres au sein même de 
l'espace Schengen à la suite de la crise migratoire. 
    "Si les mesures nécessaires ne sont pas prises et que les 
lacunes persistent, il y a une possibilité (...) que des Etats 
membres soient autorisés à fermer provisoirement leurs 
frontières", a ajouté Valdis Dombrovskis. 
    Dans les faits, la Grèce n'a pas de frontières communes avec 
un autre Etat membre de l'espace Schengen, donc l'instauration 
de nouveaux contrôles, aux termes de l'article 26 du code de 
Schengen, ne concernera que les ports et les aéroports européens 
où arrivent des voyageurs en provenance de Grèce. 
    Dombrovskis a souligné que la Commission européenne voulait 
préserver l'espace Schengen et a reconnu que la Grèce avait 
amélioré depuis novembre, mais encore insuffisamment, les 
contrôles à ses frontières. 
    Lundi, les ministres de l'Intérieur de l'UE, réunis à 
Amsterdam, ont demandé à la Commission européenne de préparer le 
cadre juridique pour permettre le maintien, si nécessaire pour 
deux ans, des contrôles frontaliers rétablis par certains pays 
membres de Schengen. 
     
    FERMETURES DE FRONTIÈRES  
    L'espace Schengen de libre circulation en Europe rassemble 
26 Etats, dont 22 sont membres de l'UE. Six pays ont décidé de 
rétablir momentanément des contrôles à leurs frontières. Il 
s'agit de l'Allemagne, de l'Autriche, de la France, du Danemark, 
de la Suède et de la Norvège. Ces contrôles peuvent rester en 
place jusqu'en mai prochain. 
    D'après la réglementation de Schengen, les vérifications 
temporaires aux frontières internes peuvent être prolongées pour 
une période de deux années maximum. 
    Pour que cette disposition soit appliquée, les Etats de l'UE 
doivent être d'accord pour dire que des "insuffisances graves et 
persistantes" dans les contrôles aux frontières extérieures de 
Schengen mettent en péril l'existence même de l'UE. 
    La décision doit être approuvée à la majorité qualifiée par 
le Conseil européen des 28 chefs d'Etat et de gouvernement. 
    La fermeture des frontières allemandes, a estimé mercredi le 
ministre allemand de l'Economie, Sigmar Gabriel, causerait 
d'"énormes problèmes économiques". 
    Selon les chiffres publiés vendredi par Frontex, l'agence 
européenne des frontières, 108.000 migrants sont arrivés en 
Grèce en décembre, ce qui porte le total pour la Grèce à 1,04 
million en 2015, soit cinq fois plus que l'année précédente. 
    L'UE a pris l'an dernier des mesures, notamment financières, 
pour aider Athènes à faire face à cette situation mais de 
nombreux Etats membres jugent que le gouvernement grec n'a pas 
répondu à leurs attentes. Sur les cinq centres d'enregistrement 
des migrants ("hot spots") que la Grèce était censée mettre en 
place, un seul est aujourd'hui opérationnel. 
    "Si nous ne pouvons pas protéger la frontière extérieure de 
l'UE, la frontière gréco-turque, alors la frontière extérieure 
de Schengen sera déplacée vers l'Europe centrale", a averti 
lundi la ministre autrichienne de l'Intérieur, Johanna 
Mikl-Leitner.  
 
 (Avev Michael Nienaber; Pierre Sérisier et Guy Kerivel pour le 
service français) 
 
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