Schäuble veut plafonner à 800 milliards le fonds de sauvetage

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WOLFGANG SCHÄUBLE VEUT PLAFONNER À 800 MILLIARDS LE FONDS DE SAUVETAGE
WOLFGANG SCHÄUBLE VEUT PLAFONNER À 800 MILLIARDS LE FONDS DE SAUVETAGE

COPENHAGUE (Reuters) - La zone euro ne devrait pas engager plus de 800 milliards d'euros en fonds de sauvetage et ces sommes ne devraient être utilisées que pour les pays qui s'engagent sur la voie des réformes, a déclaré jeudi le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble.

L'Eurogroupe des ministres des Finances se réunit vendredi dans la capitale danoise pour finaliser ce pare-feu financier comme on l'appelle. Le dispositif serait ainsi prêt pour aider les grands pays de la zone euro endettés, à savoir l'Italie et l'Espagne.

Nous avons 500 milliards d'euros de fonds disponibles, a déclaré en substance le ministre allemand. Avec les programmes déjà décidés pour l'Irlande, le Portugal et la Grèce, c'est environ 800 milliards, a déclaré le ministre lors d'une réunion à l'université de Copenhague.

"Je pense que c'est suffisant", a-t-il déclaré, alors que certains ont appelé à la constitution d'une réserve financière pouvant aller jusqu'à 1.000 milliards d'euros pour marquer les esprits. "Dépenser plus d'argent n'est pas la solution", a estimé le ministre.

Le pare-feu sera notamment constitué du nouveau fonds de sauvetage permanent de la zone euro, le mécanisme européen de stabilité (MES), qui peut prêter jusqu'à 500 milliards d'euros, et du Fonds européen de stabilité financière (FESF), son prédécesseur temporaire.

Environ 300 milliards d'euros comptés par Wolfgang Schäuble ont déjà été dépensés en aide pour la Grèce, le Portugal et l'Irlande.

Selon un projet de communiqué préparé pour la réunion de l'Eurogroupe, les ministres des Finances devraient porter le pare-feu à au moins 700 milliards d'euros et s'engager pour 240 milliards d'euros supplémentaires si nécessaire.

Mais, a précisé Wolfgang Schäuble, qui devrait très certainement reprendre la présidence de l'Eurogroupe cette année, l'aide ne sera pas accordée sans réforme. Chaque Etat membre doit regagner de la compétitivité, a-t-il dit, en faisant allusion aux programmes de réformes en Italie et en Espagne.

"En Espagne, a déclaré Wolfgang Schäuble, la réforme du marché du travail est une nécessité absolue. Il ne faut pas s'étonner quand on voit un taux de chômage des jeunes à 48% quand on regarde le droit du travail."

Une grève générale a paralysé jeudi une partie de l'Espagne à la veille de la présentation d'un projet de budget d'austérité "très sévère" par le président du gouvernement, le conservateur Mariano Rajoy.

Mais, aucun Etat membre de la zone euro ne sera contraint de la quitter, a ajouté Wolfgang Schäuble. Les discussions à ce sujet n'ont pas de sens, a estimé le ministre.

Robin Emmott, John O'Donnell, avec Ilona Wissenbach et Jan Strupczewski; Danielle Rouquié pour le service français

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