Schäuble "met sa démission en jeu", le ministère dément

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BERLIN, 18 juillet (Reuters) - Le ministère allemand des Finances a démenti samedi des rumeurs relayées par les médias allemands selon lesquelles le ministre Wolfgang Schäuble envisagerait de démissionner en raison de divergences de vues avec Angela Merkel sur la question grecque. L'hebdomadaire Der Spiegel publie une interview avec le ministre des Finances dans laquelle Wolfgang Schäuble déclare qu'il pourrait toujours demander au président Joachim Gauck de le relever de ses fonctions si des problèmes devaient surgir en cas d'opinions divergentes entre lui-même et la chancelière sur une aide financière à la Grèce. "Les responsabilités des hommes politiques viennent des fonctions qu'ils détiennent. Personne ne peut leur forcer la main. Si quiconque devait essayer, j'irais voir le président et lui demanderais de me relever de mes fonctions", assure Wolfgang Schäuble. Der Spiegel a diffusé aux autres médias un extrait de l'entretien sous le titre: "Schäuble met sa démission en jeu". Interrogé sur le point de savoir si le ministre des Finances envisageait de demander à Joachim Gauck de le libérer de ses obligations, un porte-parole du ministère a répondu: "Non. D'où tenez-vous cette idée ?" Il n'a pas souhaité faire d'autres commentaires. Dans un autre entretien publié par le Tagesspiegel, Peter Tauber, le secrétaire général de la CDU, le parti conservateur de Merkel et Schäuble, souligne que la chancelière et le ministre des Finances "n'ont peut-être pas toujours le même avis mais marchent toujours sur la même voie", allusion au slogan d'une affiche de l'Union chrétienne-démocrate pendant la campagne des européennes de 1999. Wolfgang Schäuble a défendu l'idée d'une sortie temporaire de la Grèce de la zone euro au lieu d'un troisième plan d'aide à Athènes, mais Angela Merkel a jugé que ce "Grexit" de quelques années ne fonctionnerait pas. Le Bundestag, la chambre basse du parlement fédéral, a voté vendredi par 439 voix contre 119, et 40 abstentions, en faveur de l'ouverture de négociations en vue d'un nouveau programme de renflouement de la Grèce mais une forte minorité d'élus CDU-CSU (près d'un cinquième d'entre eux) ont voté contre. Le Bundestag devra se prononcer à nouveau en cas d'accord entre Athènes et ses créanciers et le secrétaire général de la CDU lance un appel aux élus rebelles pour qu'ils reconsidèrent leur position. Selon Peter Tauber, les souffrances du peuple grec "ne laissent froid aucun d'entre nous" mais les exemples de l'Espagne, du Portugal, de Chypre et de l'Irlande montrent qu'il est possible de surmonter avec succès la crise de la dette. "Donc, en cas de succès des négociations avec la Grèce, il peut y avoir des raisons de voter 'oui', même pour ceux qui ont dit 'non' jusqu'à maintenant", dit-il. (Holger Hansen, Michelle Martin; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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