Schäuble évoque de nouvelles baisses d'impôts après les élections

le
0
    BERLIN, 1er juillet (Reuters) - Le ministre allemand des 
Finances, Wolfgang Schäuble, juge dans une interview qui sera 
diffusée dimanche à la radio envisageable que les baisses 
d'impôts promises par le gouvernement après les élections du 24 
septembre soient supérieures aux 15 milliards d'euros évoqués 
jusqu'à présent. 
    Alors que l'Union chrétienne-démocrate (CDU) d'Angela Merkel 
doit dévoiler lundi son programme électoral, Wolfgang Schäuble a 
dit à la radio Deutschlandfunk espérer que les baisses d'impôts 
puissent être plus élevées que prévu. 
    "Nous prévoyons, au total, de faire davantage que corriger 
les impôts sur le revenu de 15 milliards d'euros", assure le 
ministre en allusion aux hausses "clandestines" imposées aux 
Allemands dues au fait que Berlin n'ajuste pas les tranches 
d'imposition en fonction de l'inflation, comme c'est le cas dans 
de nombreux autres pays européens. 
    Wolfgang Schäuble précise que la CDU souhaite donner un coup 
de pouce supplémentaire aux jeunes familles pour leur permettre 
de faire construire un logement, tout en soutenant les 
programmes de recherche et développement dans les petites et 
moyennes entreprises. 
    Il dit espérer pouvoir commencer dès 2020 à réduire la "taxe 
de solidarité" créée après la réunification allemande pour aider 
à la reconstruction des infrastructures de l'ex-Allemagne de 
l'Est. 
    Wolfgang Schäuble a jusqu'à présent rejeté les critiques sur 
le fait que le "cadeau" fiscal de 15 milliards d'euros promis 
par le gouvernement était insuffisant pour soutenir de manière 
significative la croissance grâce à la consommation. 
    De nombreux économistes et lobbies industriels plaident pour 
une remise à plat du système fiscal allemand incluant une baisse 
de l'impôt sur le revenu pour favoriser la consommation des 
ménages et donc la croissance, et dans le même temps une 
réduction de l'impôt sur les entreprises pour encourager 
l'investissement privé. 
    Le Fonds monétaire international (FMI) et la Commission 
européenne estiment aussi que Berlin a une marge de manoeuvre 
budgétaire suffisante pour investir davantage dans les 
infrastructures, ce qui bénéficierait aussi à ses voisins 
européens. 
    L'Allemagne n'a investi que 2,2% de son produit intérieur 
brut dans les routes, les ponts ou les écoles entre 2005 et 
2014, soit sensiblement moins que la moyenne de 3,3% atteinte 
par les autres membres de l'Organisation de coopération et de 
développement économiques (OCDE). 
    Selon une étude de la Fondation Bertelsmann, l'économie 
allemande bénéficierait d'une croissance annuelle de 1,6% 
jusqu'en 2025 si les investissements atteignaient le niveau 
moyen de l'OCDE, contre 1,4% dans la configuration actuelle. 
 
 (Erik Kirschbaum; Tangi Salaün pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant