Schaüble déplore les primes versées aux dirigeants de Volkswagen

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    FRANCFORT, 30 avril (Reuters) - Le ministre allemand des 
Finances Wolfgang Schaüble déplore le versement de primes aux 
dirigeants de Volskwagen  VOWG_p.DE  pour 2015, année marquée 
par le scandale du trucage des tests anti-pollution, le plus 
grave de l'histoire du groupe automobile.  
    "Je n'ai pas de sympathie pour les managers qui commencent 
par entraîner une entreprise de premier plan dans une crise 
potentiellement mortelle et qui défendent ensuite leurs primes 
personnelles lors d'un débat public", déclare Wolfgang Schaüble 
dans les colonnes du Frankurter Allgemeine Sonntagszeitung.  
    "Cela montre que quelque chose ne fonctionne pas." 
    Volkswagen prévoit de verser aux douze membres de son 
directoire 2015 63,24 millions d'euros au titre de l'année 
passée, marquée par une perte record en raison du coût des 
litiges et indemnisations liés au "Dieselgate". 
    Volkswagen a déclaré le 22 avril une perte d'exploitation 
annuelle de 4,1 milliards d'euros, conséquence de 16,2 milliards 
d'euros de charges exceptionnelles liées au scandale. 
  
    Le constructeur automobile allemand, numéro un européen du 
secteur, a reconnu en septembre avoir installé sur 11 millions 
de véhicules dans le monde depuis 2009 un dispositif de trucage 
des émissions polluantes. 
    L'affaire est vite devenue la plus importante crise jamais 
traversée par le groupe, lui faisant perdre jusqu'à un tiers de 
sa valeur en Bourse et poussant à la démission son président du 
directoire, Martin Winterkorn.  
    Volkswagen a dit qu'il retiendrait une petite part des bonus 
2015 mais les verserait à une date ultérieure si certains 
critères de performance sont remplis, notamment une remontée du 
cours de Bourse.  
    Cette décision a choqué l'opinion publique allemande et 
provoqué des dissensions au sein du conseil de surveillance du 
groupe. 
    Le Land de Basse-Saxe, deuxième actionnaire de Volkswagen, a 
réclamé la suppression ou au moins la diminution de ces primes.  
    Jörg Bode, ancien membre du conseil de surveillance 
représentant la Basse-Saxe, estime dans les colonnes du Welt am 
Sonntag que Martin Winterkorn et ses collègues devraient 
rembourser la partie de leurs primes correspondant aux "baisses 
de coûts obtenues par la fraude".  
    Il y a quelques jours, Bernd Osterloh, membre du conseil de 
surveillance et président du puissant conseil d'entreprise de 
Volkswagen, a jugé que le groupe devait passer outre à ses 
obligations contractuelles et que la direction devait renoncer 
volontairement à ses bonus. "C'est aussi une question de 
morale", a-t-il dit.  
    "Dès que les affaires auront repris leur cours normal, il 
nous faudra aussi réfléchir à des changements du système de 
rémunération (du conseil de surveillance)", a-t-il ajouté. 
 
 (Arno Schütze; Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 

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