Schäuble défend toujours l'idée d'un "Grexit" temporaire

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(Actualisé avec critiques du chancelier autrichien contre Schäuble) BERLIN, 16 juillet (Reuters) - Wolfgang Schäuble a répété jeudi qu'une sortie provisoire de la zone euro serait probablement la meilleure solution pour la Grèce même s'il assure qu'il demandera avec une "conviction totale" au Bundestag de valider l'ouverture de négociations avec Athènes sur un troisième plan d'aide. "Nous avons franchi une étape supplémentaire", a déclaré le ministre allemand des Finances à l'antenne de la radio Deutschlandfunk en réaction à l'adoption au cours de la nuit par le Parlement grec des réformes exigées par les autres pays de la zone euro. "C'est une étape importante", a-t-il dit tout en ajoutant que de nombreux économistes doutaient de la possibilité pour la Grèce de sortir de ses difficultés sans une décote sur sa dette. Or une telle décote est incompatible avec les traités sur l'appartenance à la zone euro, a poursuivi Wolfgang Schäuble, ce qui signifie à ses yeux que la Grèce aurait à abandonner provisoirement la monnaie unique. "Mais ce serait peut-être la meilleure voie à suivre pour la Grèce", a-t-il dit. Le refus de l'Allemagne d'accorder à la Grèce la moindre souplesse dans l'interprétation des traités européens suscite une forme de malaise dans d'autres pays de l'Union européenne. La critique la plus vive à ce jour exprimée publiquement est venue du chancelier autrichien, Werner Faymann, qui qualifie dans une interview publiée jeudi la vision de Wolfgang Schäuble de "totalement erronée". "Le ministre des Finances Schäuble crée chez certains l'impression qu'il pourrait nous être utile que la Grèce tombe hors de l'union monétaire, que peut-être nous paierions moins dans ce cas", dit le chancelier social-démocrate, cité par le journal autrichien Der Standard. "Je pense que c'est totalement erroné. Ce n'est pas bien sur le plan moral, ce serait le début d'un processus de désintégration (...). L'Allemagne joue ici un rôle moteur en Europe et dans le cas présent il n'est pas positif", ajoute Werner Faymann. (Caroline Copley, avec Angelika Gruber à Vienne, Bertrand Boucey pour le service français, édité par Juliette Rouillon)

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