Scènes de chaos lors de la première distribution d'aide à Mossoul

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    par Isabel Coles 
    MOSSOUL, Irak, 8 décembre (Reuters) - La police irakienne a 
dû tirer en l'air jeudi face au chaos provoqué par la première 
distribution d'aide humanitaire dans les quartiers de Mossoul 
repris au groupe Etat islamique. 
    L'opération, organisée par les agences des Nations unies en 
plusieurs endroits de la ville du nord de l'Irak, devait venir 
en aide à 45.000 habitants.  
    Dès que la nouvelle s'est répandue, les habitants du 
quartier de Zuhour se sont rués vers l'école primaire choisie 
comme point de distribution. 
    Deux files d'attente se sont formées de chaque côté de 
l'entrée principale, l'une pour les hommes, l'autre pour les 
femmes mais au bout d'un certain temps, les esprits se sont 
échauffés. 
    Les organisateurs ont séparé la foule en plusieurs groupes 
sans parvenir à contrôler l'afflux de centaines de personnes qui 
se sont précipitées dans l'école. 
    La police est alors intervenue en tirant plusieurs coups de 
feu en l'air et en brandissant de longs bâtons, parvenant ainsi 
à rétablir l'ordre.  
    A l'intérieur de l'établissement, les travailleurs 
humanitaires avaient déchargé trois camions remplis de boîtes 
contenant vivres, trousses d'hygiène et purificateurs d'eau.  
    "Nous allons couvrir toute la population de ce secteur", 
expliquait Hayder Ithawi, un responsable du Programme 
alimentaire mondial.  
    A l'extérieur, des habitants craignaient pourtant de ne pas 
toucher leur part d'aide, en se rappelant de précédentes 
distributions. 
    "Certains ont eu cinq sacs de farine, d'autres sont repartis 
sans rien", déclarait Ihsan Abdullah, un charpentier de 46 ans.  
    La plupart des habitants avaient des cartes de rationnement 
délivrées par le gouvernement. Samira Mohamed, elle, possédait 
un billet portant le tampon de la police religieuse de l'Etat 
islamique. Il prouvait que sa carte de rationnement avait été 
confisquée parce que son fils élevait des oiseaux, ce qui est 
défendu par les islamistes rigoristes. 
    Conscient du caractère "critique" de la situation, Hayder 
Ithawi a promis que tout document permettant d'identifier un 
foyer et un chef de famille serait accepté, y compris les 
documents émis par l'Etat islamique.  
    Dans la file d'attente, trois hommes ont été interpellés 
après avoir été dénoncés comme des membres de l'organisation 
djihadiste. 
 
 (Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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