Scènes d'horreur dans Homs assiégée

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PLUS DE 300 MORTS À HOMS DEPUIS VENDREDI DERNIER
PLUS DE 300 MORTS À HOMS DEPUIS VENDREDI DERNIER

par Angus MacSwan

BEYROUTH (Reuters) - Des témoignages recueillis par l'organisation Human Rights Watch (HRW) dans les quartiers de Homs assiégés par les forces syriennes évoquent des centres de soins totalement débordés par les victimes des bombes et des tireurs embusqués.

Les médicaments manquent et au moins trois hôpitaux de campagne ont été touchés par des tirs. Les chambres sont surchargées et dans les rues, des blessés saignent à mort faute de soins, les secouristes ne pouvant pas s'exposer à un danger inconsidéré.

Depuis le début de l'opération militaire vendredi dernier, des centaines d'obus de chars et de mortiers ont été tirés sur les quartiers tenus par l'Armée syrienne libre, tuant au moins 300 personnes et en blessant davantage, dont des femmes et des enfants, selon les témoignages recueillis par HRW.

Des habitants ont été mitraillés à partir d'hélicoptères, ajoute l'organisation basée à New York.

Les forces fidèles au président Bachar al Assad, qui ont transformé l'université de Homs en centre de tir, encerclent plusieurs quartiers de la ville rebelle, empêchant les habitants d'en sortir et la nourriture, les médicaments et tout autre approvisionnement d'y rentrer, poursuit le rapport.

"Les blessés meurent parce qu'on ne peut pas les soigner. Il y a encore des blessés dans la rue. Il y a des corps mutilés. On ne peut pas les récupérer à cause des tirs. Ils vont mourir dans la rue", raconte un habitant du quartier de Khalidia présenté sous le nom de Karim.

Ville industrielle de près d'un million d'habitants, Homs est la troisième ville syrienne et la figure de proue du soulèvement contre le régime d'Assad depuis onze mois.

PAS D'ABRI SÛR

L'opération militaire en cours a débuté vendredi soir, lorsque les forces de sécurité syriennes ont ouvert le feu à partir de barrages et de toits d'immeubles sur une manifestation près de la mosquée Al Zahire, rapporte un habitant du quartier de Baba Amro.

Les bombardements ont commencé peu après.

A Khalidia, les combattants de l'Armée syrienne libre ont pris le contrôle d'un barrage et les habitants descendus dans la rue pour fêter les rebelles ont été pris sous un intense tir de barrage qui a duré plusieurs heures, ajoute un témoin dénommé Samer.

Un autre habitant, Wasim, témoigne que lundi, les quartiers de Baba Amro, Khalidia et Wadi Iran ont été bombardés. "J'entendais les femmes et les enfants crier en courant dans la rue pour échapper aux bombardements", raconte-t-il.

L'homme dit avoir tenté avec d'autres habitants de sauver des blessés, mais bloqués dans les immeubles par les tirs, dix d'entre eux sont morts faute de transfusion sanguine.

A l'hôpital Al Waer, 18 blessés, dont un adolescent de 13 ans, sont morts lundi en raison d'une coupure d'électricité, selon un médecin.

Se déplacer dans Homs est devenu pratiquement impossible en raison des bombardements et des tireurs embusqués qui tirent sur tout ce qui bouge, affirme Mahmoud, un habitant de Baba Amro.

"Il n'y aucun passage ni aucun abri sûr", dit-il.

HRW qualifie de grave violation des droits de l'homme le bombardement aveugle de quartiers résidentiels.

"Cet assaut brutal contre des zones résidentielles montre le peu de considération qu'ont les autorités syriennes pour la vie de leurs citoyens à Homs", souligne l'ONG.

"Les responsables de ces atrocités devront rendre compte de leurs actes."

Tangi Salaün pour le service français

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