Scandale Coalgate : les industriels dans le collimateur

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La Banque centrale indienne enquête sur les bénéficiaires de passe-droits dans l'attribution de mines de charbon en Inde, avec au moins une dizaine d'entreprises en ligne de mire.

Parmi les sociétés mises en cause pour ne pas avoir débuté l'exploitation de ressources charbonnières essentielles pour le pays figurent les énergéticiens Tata Power, Reliance Power, GVK Power, l'aciériste Jindal Steel & Power, les métallurgistes Arcelor Mittal et Hindalco, et le cimentier Grasim Industries.

Coal India a refusé pour sa part de lancer l'exploitation d'une vingtaine de mines souterraines par manque de rentabilité, la tonne de charbon indien valant une centaine de dollars de moins que celle extraite en Australie.

Les industriels indiens ont acheté à l'étranger 110 millions de tonnes de charbon thermique par an, qu'ils ne pouvaient pas se procurer localement à meilleur prix, en reportant les surcoûts sur les consommateurs. Malgré tout, les énergéticiens auraient retardé le démarrage de 60.000 mégawatts de capacité électrique, faute de charbon. L'électricité est à 70% d'origine thermique en Inde.

Avec des réserves de charbon prouvées de 114 milliards de tonnes pour l'Inde (estimation du ministère du charbon 2011), Coal India a produit 431 millions de tonnes en 2010. En comparaison, avec des réserves de 155 milliards de tonnes, la Chine extrait 1.790 millions de tonnes, soit 4 fois plus de charbon.

Une soixantaine de contrats miniers pourraient être réexaminés pour irrégularités d'ici la mi-septembre précise le groupe interministériel adhoc mené par le ministre du charbon, après interrogatoire des hauts fonctionnaires ayant facilité les formalités entre 2006 et 2010. La banque centrale étudie aussi le rapport d'audit du contrôleur général des comptes publics sur ces attributions de mines à condition dérogatoires.

Le dossier a un versant politique, puisque le Parlement indien s'est saisi de la question, et réclame la démission du gouvernement, mais la Banque centrale reste dans le registre de la criminalité économique. L'opposition veut faire tomber le Premier ministre Singh qui était ministre du charbon lors de plusieurs attributions de mines controversées. La perte financière pour l'Etat a été évaluée autour de 27 milliards d'euros pour 142 blocs miniers alloués depuis juillet 2004.

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