Sauternes et Graves seraient menacés par le nouveau TGV

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    BORDEAUX, 4 décembre (Reuters) - Les vignerons du sud de 
Bordeaux, en particulier ceux des appellations Sauternes et 
Graves, craignent une "catastrophe" si le tracé de la future 
Ligne à grande vitesse (LGV) n'est pas modifié pour préserver 
leurs prestigieuses productions. 
    Ils ne décolèrent pas depuis que le gouvernement a décidé 
fin septembre de passer outre l'avis défavorable de l'enquête 
publique datant de mars dernier et de ne pas donner suite à la 
proposition de tracé alternatif qu'ils ont élaborée. 
    Le Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB) et 
la Fédération des grands vins de Bordeaux (FGVB) ont écrit 
mercredi au chef de mission du projet pour demander que soient 
pris en compte les risques pour leurs vignobles. 
    Laurent Gapenne, président de la FGVB, réclame dans ce 
courrier des garanties que le tracé "n'aura aucune incidence sur 
ce terroir emblématique, sur les conditions de production de ces 
vins liquoreux et sur l'avenir de nos viticulteurs".  
    C'est l'équilibre fragile d'un microclimat qui a donné 
naissance à la spécificité des vins de Sauternes qui serait en 
jeu selon Xavier Planty, président de l'Organisme de gestion 
(ODG) de Sauternes et Barsac, qui estime que cette LGV "est un 
projet délétère pour notre appellation". 
    "Le gouvernement refuse de prendre en compte la biodiversité 
et la richesse de Sauternes. Avec ce tracé qui traverse la zone 
humide de la vallée du Ciron et sa hêtraie vieille de 50.000 
ans, le microclimat du Sauternais est menacé", a-t-il dit. 
    "C'est le Ciron qui est responsable de la richesse de nos 
terroirs et de l'apparition du botrytis. Ce projet est une 
catastrophe pour nous!", ajoute Xavier Planty. 
    Le botrytis est un champignon connu sous le nom de 
"pourriture noble" qui participe à la spécificité des vins 
blancs liquoreux de Sauternes. 
    "Le tracé retenu est également destructeur pour le vignoble 
des Graves, 15 hectares sont directement concernés et la porte 
d'entrée du vignoble au sud de Bordeaux constituée par un 
superbe plateau viticole est coupée en deux", souligne de son 
côté Laurent Gapenne. 
    Le coût du projet de ligne nouvelle Bordeaux-Toulouse et 
Bordeaux-Dax, soit 327 kilomètres, est estimé à 8,3 milliards 
d'euros, actuellement non financés. Les travaux devraient durer 
de cinq à sept ans.     
    Bordeaux-Toulouse doit être mis en service en 2024 et 
Bordeaux-Dax en 2027. Ces projets s'inscrivent dans la 
continuité de la LGV Tours-Bordeaux qui devrait être mise en 
service en juillet 2017 et mettra Bordeaux à deux heures de 
Paris. 
 
 (Claude Canellas, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • M4709037 le vendredi 4 déc 2015 à 11:02

    et la COP elle sert à quoi si ces vignobles sont menacés par des TGV de surcroît non rentables et non nécessaires ?

  • M3182284 le vendredi 4 déc 2015 à 11:01

    Si c'est Sauternes, alors c'est pas Graves....

  • M6437502 le vendredi 4 déc 2015 à 10:54

    Et c'est une bonne occasion pour nuire aux français qui ne font pas pertie de leur bande de gueux.