Saudi Aramco: pourrait dépasser la capitalisation d'Apple.

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(CercleFinance.com) - C'est l'hebdomadaire britannique The Economist qui l'affirmait hier : le royaume d'Arabie saoudite envisagerait d'introduire en Bourse sa compagnie pétrolière nationale, Saudi Aramco, une 'supermajor' qui est aussi le premier producteur d'or noir au monde. Le roi Salmane aurait déclaré à The Economist qu'une décision en ce sens serait prise 'dans les mois qui viennent'. Malgré l'effondrement du cours du baril, il pourrait s'agir de la première capitalisation boursière mondiale, devant Apple et ses 561 milliards de dollars.

'Personnellement, je suis enthousiaste à propos de cette éventualité', aurait déclaré le roi Salmane à l'hebdomadaire.

Pourquoi maintenant ? Prudence selon The Economist, il ne s'agit pour l'instant que d'une option, 'l'un des volets possibles d'un plan ambitieux destiné à équilibrer le budget national (plombé par la chute du cours du brut, ndlr) et à ouvrir une économie fermée sur elle-même.'

Selon quelles modalités ? The Economist cite également le prince Mohammed ben Salmane Al Saoud, vice-prince héritier et ministre de la Défense du royaume wahhabite. Il aurait déjà organisé deux réunions “à haut niveau” à ce sujet. Selon lui, une cotation en Bourse permettrait de rendre Saudi Aramco plus transparente.

De plus, pour le moment, les options envisagées sont encore larges, allant de l'introduction en Bourse d'une partie de division pétrochimique et d'autres branches de l'aval (soit, dans le jargon pétrolier, le raffinage, la distribution et le négoce) jusqu'à la cotation d'actions de la maison mère, Saudi Aramco, aussi impliquée dans l'amont (l'exploration-production). Mais pas forcément beaucoup : 'peut-être 5% du capital' de Saudi Aramco, rapporte l'hebdomadaire.

Combien “pèse” Saudi Aramco ? Difficile à dire. La compagnie nationale est si secrète qu'on ne connaît presque aucun élément de ses comptes, pas même son chiffre d'affaires. Et ce bien que sa production de pétrole doive avoisiner les 10 millions de barils / jour, soit celle de l'Arabie saoudite en ce moment. En outre, ses gisements sont réputés pour la faiblesse de leurs coûts d'extraction induite par la géologie saoudienne, et sont donc a priori des plus rentables. Enfin, on n'évoque ici presque uniquement la production de pétrole de Saudi Aramco, pas celle de gaz.

A titre de comparaison, en Europe et au 3e trimestre 2015, la production d'hydrocarbures de Royal Dutch Shell était de 2,88 millions de barils d'équivalent-pétrole/jour, ce qui comprend beaucoup de gaz de condensats. Les seuls 'liquides' (soit notamment le pétrole) se limitaient à 1,53 million de barils/jour. Chez Total, toujours au 3e trimestre, les extractions d'hydrocarbures atteignaient 2,34 millions de barils/jour, dont 1,24 million de barils/jour de 'liquides'.

Comment alors estimer la valeur boursière Saudi Aramco ? The Economist rapporte des sources saoudiennes évoquent 'des milliers de milliards de dollars'. Mais peuvent-elles dire autre chose ?

Notons malgré tout qu'en Bourse, Total capitalise l'équivalent de 96 milliards de dollars, et Shell 142 milliards. Il s'agit de deux poids lourds de la cote européenne.

The Economist précise malgré tout que Saudi Aramco dispose de réserves d'hydrocarbures d'officiellement 261 milliards de barils, 'soit dix fois plus que celles d'ExxonMobil'. Un point de comparaison intéressant d'autant que la première des majors américaines a produit, au 3e trimestre, 3,9 millions de barils d'équivalent-pétrole/jour, dont 2,3 millions de 'liquides'.

Et combien vaut ExxonMobil à Wall Street ? En date d'hier, 322 milliards de dollars. A suivre.

EG

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