Satisfaction mesurée après la déception initiale à Florange

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SATISFACTION MESURÉE DES SYNDICATS À FLORANGE APRÈS LEUR DÉCEPTION INITIALE
SATISFACTION MESURÉE DES SYNDICATS À FLORANGE APRÈS LEUR DÉCEPTION INITIALE

PARIS (Reuters) - Arnaud Montebourg, qui avait agité l'hypothèse d'une nationalisation du site ArcelorMittal de Florange, a subi le feu des critiques samedi au lendemain de la conclusion d'un accord pour préserver l'emploi et investir dans les installations.

Malgré cette avancée, annoncée au terme d'un bras de fer entre le gouvernement et le groupe sidérurgique, des syndicalistes ont dit leur déception et de nombreux commentateurs ont jugé que le ministre du Redressement productif avait été désavoué.

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a apporté son soutien à son ministre qui, écrit-il samedi dans un communiqué, "n'a pas ménagé sa peine pour chercher toutes les solutions possibles (...), contribuant ainsi à créer un rapport de forces favorable à la conclusion de l'accord".

L'intersyndicale de Florange sera reçue par le Premier ministre en début de semaine prochaine.

"Nous avons le sentiment d'avoir été une nouvelle fois trahis", avait dit Edouard Martin, responsable CFDT, pour résumer la déception des salariés qui espéraient une nationalisation temporaire et la reprise du site mosellan par un aciériste, une piste évoquée par Arnaud Montebourg.

Ce dernier a écarté l'idée d'une démission.

"Ce n'est pas un combat personnel (...) c'est un combat pour la France", a-t-il dit sur TF1. "J'ai décidé de rester à mon poste de travail et de combat."

L'hypothèse d'une démission avait été évoquée. "Le ministre du Redressement productif peut s'interroger sur la réalité de l'intitulé de son ministère et sur la raison de sa présence au gouvernement", écrit ainsi Le Monde samedi dans un billet.

"AVEC SA FOUGUE ET SON COEUR"

Selon l'économiste Elie Cohen, "la nationalisation agitée par M. Montebourg était inappropriée parce qu'elle n'a pas servi les négociations, contrairement à ce qu'on dit".

"Le seul effet, c'est qu'on a donné des idées ailleurs, dans d'autres sites en difficulté", a-t-il déploré sur I>Télé.

Face à ces attaques, des responsables de la majorité ont défendu le ministre du Redressement productif, avant que Jean-Marc Ayrault salue explicitement son action dans son communiqué.

"Cette solution était une bonne proposition, elle a permis de faire bouger les lignes, elle reste une solution pour demain si Mittal ne respectait pas ses engagements", a dit le ministre du Travail, Michel Sapin, sur LCI.

L'hypothèse d'une nationalisation avait provoqué la colère dans les milieux patronaux, la présidente du Medef, la jugeant "scandaleuse" (), bien qu'Arnaud Montebourg ait reçu le soutien de personnalités de gauche comme de droite.

L'Elysée avait signalé que cette piste avait été évoquée lors des entretiens avec les responsables du groupe, laissant entendre que la solidarité au sein du gouvernement était préservée.

En revanche, l'annonce concernant un industriel prêt à investir jusqu'à 400 millions d'euros sur le site par Arnaud Montebourg mercredi à l'Assemblée nationale a été contestée par l'entourage du Premier ministre.

"Il n'y avait pas de repreneur crédible et ferme", a dit une source gouvernementale proche des négociations.

Samedi soir sur TF1, Arnaud Montebourg a qualifié le repreneur qu'il avait évoqué de "patriote qui s'est engagé avec ses fonds personnels".

"Le gouvernement lui doit le respect et lui rend un hommage. D'ailleurs le président de la République le recevra pour le remercier de ce qu'il s'est préparé à faire pour la France et l'acier de tous les Français", a-t-il ajouté.

Jean-Baptiste Vey, édité par Henri-Pierre André

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