Satisfaction mesurée après la déception initiale à Florange

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SATISFACTION MESURÉE DES SYNDICATS À FLORANGE APRÈS LEUR DÉCEPTION INITIALE
SATISFACTION MESURÉE DES SYNDICATS À FLORANGE APRÈS LEUR DÉCEPTION INITIALE

STRASBOURG (Reuters) - Les syndicats d'ArcelorMittal affichaient samedi une satisfaction mesurée au lendemain du compromis intervenu sur l'emploi et les investissements à Florange, après avoir affiché dans un premier temps leur déception de ne pas voir le site mosellan nationalisé.

Le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, a annoncé vendredi que le géant de l'acier investirait 180 millions d'euros sur cinq ans et qu'il renonçait à un plan social. ArcelorMittal a confirmé ces données dans un communiqué samedi.

Les hauts-fourneaux ne seront en revanche pas rallumés mais maintenus en l'état dans l'attente d'une décision de la Commission européenne sur le projet Ulcos qui en ferait un site pilote pour le captage et l'enfouissement du CO2.

"Nous avons le sentiment d'avoir été une nouvelle fois trahis", avait dit le responsable CFDT de l'intersyndicale, Edouard Martin, dès l'annonce du Premier ministre.

Sa réaction faisait référence aux promesses de campagne de François Hollande, après celles faites par Nicolas Sarkozy en 2008 concernant le site voisin de Gandrange.

"Si on reprend les objectifs qu'on s'était fixés au début de ce combat, on les a tous atteints", a au contraire déclaré Walter Broccoli, secrétaire de FO, syndicat minoritaire à Florange, en prenant pour acquis le lancement d'Ulcos qui pérenniserait le site pour "15 à 20 ans".

Les syndicats, à l'exception de la CFE-CGC, se disent déçus que l'hypothèse d'une reprise du site par un industriel soit abandonnée, mais tous jugent positivement l'accord passé entre le gouvernement et ArcelorMittal, sous réserve qu'il soit assorti de garanties.

"Le combat des 'Florange' n'est pas vain", a déclaré samedi la Fédération générale des mines et de la métallurgie CFDT en se félicitant des annonces sur les investissements et sur l'emploi, "si elles se vérifient".

"Mittal recule", a dit à Reuters Philippe Verbeke, coordinateur de la CGT pour la division Atlantique et Lorraine d'ArcelorMittal.

La CFE-CGC, qui avait évalué dernièrement à 191 millions d'euros les investissements nécessaires pour pérenniser la filière froide, estime que "les fondamentaux ont été respectés".

"Même si on aurait préféré que M. Mittal nous annonce le redémarrage à court ou moyen terme de la filière liquide", précise François Pagano, responsable du syndicat à Florange.

Les syndicats demandent la mise en place d'une commission tripartite - entreprise, gouvernement, syndicats - pour préciser l'accord annoncé par Jean-Marc Ayrault et en assurer le suivi.

Gilbert Reilhac, édité par Jean-Baptiste Vey

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