Sarkozy veut réformer la PPE, encadrer les hautes rémunérations

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SARKOZY PROPOSE LA SUPPRESSION DES CHARGES SUR LES BAS SALAIRES
SARKOZY PROPOSE LA SUPPRESSION DES CHARGES SUR LES BAS SALAIRES

par Emmanuel Jarry et Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a proposé mercredi soir d'augmenter les bas salaires en recyclant la prime pour l'emploi (PPE) et en relevant la fiscalité sur les revenus financiers et promis d'encadrer les rémunérations des patrons de grandes entreprises.

Le président de la République, candidat à un second mandat et invité du journal de 20h00 sur France 2, a aussi de nouveau promis de sévir contre les "retraites-chapeau" et les parachutes dorés que s'octroient ces dirigeants.

Le chef de l'Etat, toujours à la traîne dans les sondages derrière son adversaire socialiste, François Hollande, est ainsi véritablement entré dans le vif du sujet en ouvrant une séquence de sa campagne axée sur la question du travail.

La PPE, créée il y a une dizaine d'années pour encourager le retour à l'emploi et qui rapporte à six millions de salariés modestes un supplément de revenu de 450 euros en moyenne par an, "ne marche pas", a-t-il estimé. "Je fais la proposition aux Français de réformer complètement la prime pour l'emploi."

Ce redéploiement des 2,5 milliards d'euros de la PPE, assorti d'un alignement de la fiscalité des dividendes sur celle des revenus du travail, permettra de financer quatre milliards d'euros d'allègement de charges salariales, a-t-il poursuivi.

"Ce qui permettrait d'augmenter le salaire d'un peu moins de 1.000 euros par an" pour quelque sept millions de salariés gagnant entre un et 1,2 smic (entre 1.200 et 1,450 euros par mois), a précisé Nicolas Sarkozy, selon qui cette mesure n'aggravera pas d'un centime les déficits publics.

Cette mesure permettrait de corriger les dernières mesures décidées par le chef de l'Etat pour améliorer la compétitivité des entreprises françaises, qui réduisent les charges patronales sans toucher aux cotisations sociales des salariés.

DÉBLOQUER L'EMPLOI

Il s'agit de faire en sorte que le travail "soit davantage rémunéré que l'assistanat" et que "tout le monde soit encouragé à reprendre un travail", a fait valoir le chef de l'Etat.

Il a aussi repris à son compte une proposition de l'UMP visant à imposer aux bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) sans emploi et sans formation de faire sept heures de travail d'intérêt général par semaine payées au smic.

Cette mesure sera assortie d'une évaluation annuelle de la situation du bénéficiaire du RSA. "Est-ce qu'il recherche un emploi ? Est-ce qu'il suit une formation ? Est-ce qu'il a fait le travail d'intérêt général ? S'il n'y a pas de problème, il continuera à avoir le RSA", a-t-il expliqué.

Pour "débloquer l'emploi des jeunes", le chef de l'Etat a promis de faire en sorte que la troisième année de baccalauréat professionnel soit systématiquement effectuée en apprentissage en alternance dans des entreprises. "Ça ferait 250.000 jeunes de plus en entreprises", a-t-il souligné.

Nicolas Sarkozy a par ailleurs renoué avec un des thèmes qu'il avait évoqués en pleine crise financière de 2008-2009 et promis de corriger le sentiment d'injustice des Français vis-à-vis des très hautes rémunérations.

"Il y a une infime minorité, qui a beaucoup choqué les Français en faisant vraiment n'importe quoi", a-t-il dit. "J'ai pensé un moment qu'on pouvait en appeler à la responsabilité (...) Mais il y a une partie des dirigeants qui ne veulent pas comprendre que le monde d'aujourd'hui est différent, qu'il y a des choses qui choquent et qu'on ne peut pas accepter."

Il a ainsi proposé que les rémunérations des plus hauts dirigeants soient désormais votées non par le conseil d'administration mais par l'assemblée générale des actionnaires.

Ces rémunérations devront être rendus publiques et les salariés de l'entreprise auront systématiquement un représentant au sein du comité qui les fixe, a-t-il ajouté.

MOSCOVICI RÉPOND À SARKOZY

Il a aussi promis de supprimer par la loi les "retraites-chapeau" et autres "parachutes dorés" que s'octroient les plus hauts dirigeants des grandes entreprises.

Il a reconnu qu'il pensait à la possibilité de l'échec et esquissé un mea culpa qui pourrait prendre place dans un livre, dont il a cependant refusé de confirmer la préparation.

"J'ai essayé de me donner le plus de mal possible (...) Tout n'a pas fonctionné", a-t-il dit. "J'ai appris ma fonction de président"(voir aussi).

Le chef de l'Etat s'en est pris à plusieurs reprises à François Hollande et aux socialistes, auxquels il a notamment reproché de s'être abstenus lors du vote ratifiant le traité instituant le Mécanisme européen de stabilité (MES), censé prévenir des crises comme celle de la dette grecque.

"Hier à l'Assemblée nationale, je pensais que l'ensemble de la représentation nationale voterait à l'unanimité le traité européen", a-t-il déclaré. "M. Hollande et ses amis se sont abstenus, c'est-à-dire que même l'Europe devient quelque chose où ils ne s'engagent pas parce que c'est moi qui le propose."

"Quand vous pensez que c'est la fille de Jacques Delors, grand européen, qui est à la tête du Parti socialiste et le Parti socialiste s'abstient !" a-t-il ajouté en faisant allusion à la première secrétaire du PS, Martine Aubry.

Le directeur de campagne de François Hollande lui a pour sa part reproché de n'avoir pas pris les mesures de moralisation du capitalisme qu'il propose pendant son actuel quinquennat.

"Le plus simple quand même, c'est de le faire avec la gauche parce qu'en réalité il reprend là des propositions qui sont exactement les nôtres", a dit Pierre Moscovici sur France 2.

"Il y a quand même un mot qui manque dans le discours du président de la République, c'est l'investissement et l'investissement pour l'emploi", a-t-il ajouté.

Edité par Patrick Vignal

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  • M6486201 le jeudi 23 fév 2012 à 10:41

    Bravo Chatnour sur tes commentaires sur M3101717 .DEMANDEZ TOUS A BOURSORAMA DE LE VIRER avec ses posts aussi débiles qu'insultants

  • M4189758 le jeudi 23 fév 2012 à 08:29

    JPi - A vous lire c'est plutôt les commentaires qui ont des trémolos dans l'écriture. On peut toujours réver mais il faut voir qu'entre 2007 et 2009 nous passons d'un monde en croissance à un monde en crise. Mr Sarkozy nous a-t-il aidés à passer le gué sans trop de problèmes ? D'une crise financière nous passons à une crise de la dette des états. Comment faire pour y faire face alors que cette crise continue faute de réelles solutions: réduire les dépenses.

  • M4661438 le jeudi 23 fév 2012 à 08:16

    faut vraiment être idiot pour le croire !

  • M3101717 le jeudi 23 fév 2012 à 08:15

    Il nous l'a déjà faite celle-là ! Il avait la main sur le coeur, des trémolos dans la voix et l'épaule qui tréssautait, je me rappelle !! Pourquoi seulement maintenant ? Pourquoi l'avoir promis à maintes reprises ? Il est effectivment très bon candidat mais piètre président ! Et cette fois-ci, les Français le savent ;-(

  • M4189758 le jeudi 23 fév 2012 à 08:09

    JPi - JPi - Contre les délocalisations il y a la participation. Quand De gaulle l'a proposée patronat et syndicat étaient contre car ils croyaient y perdre de leur pouvoir. Les gens ont voté ‘non’. Aujourd’hui j’y ajouterais l’actionnariat. Le salarier devient le propriétaire de son entreprise. La gestion et le rachat d’une entreprise par ses salariers seraient donc largement facilités et mieux contrôlés.

  • M4189758 le jeudi 23 fév 2012 à 08:00

    JPi - Evolution de la dette française : en 1980 elle vaut : 100 Mrds - en 1995 elle vaut : 700 Mrds - en 2005 elle vaut : 1150 Mrds - en 2010 elle vaut : 1600 Mrds. En 2011 elle vaut encore plus. Et nous nous ne vallons plus grand chose.

  • M4189758 le jeudi 23 fév 2012 à 07:59

    JPi- On y vient: De 2007 à 2011, la dette augmente de 40%. Pas de solution proposée par Sarkollande pour réduire les dépenses de l’état, rien qu’augmenter les impôts. Propositions : 1-Fin des guerres 2-Fin des 35 h , 3 -Plafonnement des retraites , 4-Réduction (-20%) des salaires et retraites de la fonction publique européenne , 5-Fin des niches fiscales. 6 -Taxation à mort des bonus, parachutes dorés, primes, salaires mirobolants et des sociétés qui permettent ces détournements d’argent.

  • fdelorm3 le jeudi 23 fév 2012 à 07:34

    des bonnes idées tous les 5 ans ; il faudra donc encore 5 ans pour qu'il en ait. Pour les appliquer, c'est autre chose.....

  • below le jeudi 23 fév 2012 à 04:57

    C'est un véritable matraquage ! C'est la fin de l'actionnariat privé en France. Il pond des nouvelles taxes tous les mois maintenant.... Taxes que les étrangers n'acquittent pas. Ils vont continuer à peser un peu plus lourd dans le capital des groupes français. Ils détenaient déjà la dette du pays et détiendront bientôt la totalité du SBF 120. Décidemment vive la Suisse ! La bonne stratégie consistait bien à fuir ce pays fin 2006 sans attendre le résultat du duel Royal-Sarkozy.

  • M3101717 le jeudi 23 fév 2012 à 04:09

    A en croire chatnour, SaRKOZY serait "le moins pire" ? Incroyable, sincèrement. Qu'y-a-t-il de pire comme président que quelqu'un d'imprévisible (aujourd'hui, même ses équipes n'arrivent plus à le suivre) et d'aussi méprisant ! Personnellement, ses tics me font peur !! Il a tout de même accès à l'arsenal nucléaire !!