Sarkozy veut lutter contre les paradis numériques, attaque le PS

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NICOLAS SARKOZY VEUT LUTTER CONTRE LES "PARADIS NUMÉRIQUES"
NICOLAS SARKOZY VEUT LUTTER CONTRE LES "PARADIS NUMÉRIQUES"

par Yann Le Guernigou

MARSEILLE (Reuters) - Nicolas Sarkozy a lancé mardi un appel à une coopération internationale dans la lutte contre le piratage des oeuvres culturelles sur internet et accusé le Parti socialiste de prôner un "désarmement unilatéral" en voulant supprimer la loi Hadopi.

Le chef de l'Etat, qui présentait à Marseille ses voeux au monde de la culture, s'est réjoui que plusieurs pays, le dernier en date étant l'Espagne, aient suivi la France en se dotant de tels dispositifs de lutte contre le téléchargement illégal.

"Il faut aller plus loin, la coopération entre Etats est nécessaire, car ce qui est en cause c'est la lutte contre les sites de streaming ou de téléchargement illégaux installés dans des paradis numériques", a-t-il dit en utilisant une terminologie utilisée d'habitude dans la finance.

Revenant sur la fermeture cette semaine par la justice américaine de Megaupload.com, un des principaux sites de partage sur internet, et l'arrestation de ses dirigeants, il a estimé qu'on était en la matière "en présence d'une économie mafieuse".

"La révolution numérique serait destructrice si les créateurs devaient en assumer le prix à travers l'expropriation de leurs droits", a-t-il dit, avant de réitérer son opposition à la licence globale, une rémunération forfaitaire des auteurs en fonction des téléchargements de leurs oeuvres.

A ses yeux, elle signifie qu'"on prend tout au créateur, on lui rend un peu, on le vole d'abord on l'achète ensuite".

CYCLE VERTUEUX

Par contraste, Nicolas Sarkozy a défendu le bilan de la loi Hadopi (Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet) qui, depuis sa mise en oeuvre début 2010, a permis de déclencher un "cycle vertueux".

La conséquence en a été que "le piratage 'peer to peer' a diminué en France beaucoup plus fortement que dans tous les pays comparables, le chiffre d'affaires de l'offre légale a bondi et la France a rattrapé son retard puisque la musique numérique représente désormais 25% de notre marché."

A partir de là, il s'est déclaré "sidéré d'entendre certains dire que la loi Hadopi doit être abrogée", utilisant une nouvelle fois la séquence des voeux pour s'en prendre au candidat socialiste à la présidentielle François Hollande, qui a annoncé son intention de la supprimer.

"On l'abroge d'abord et après, bien après, on verra, on prendra le temps de dégager une solution consensuelle, bref on nous demande de pratiquer un désarmement unilatéral à l'égard du piratage", a-t-il dit.

"Si j'ai compris, il faudrait renoncer pour la pire des raisons, c'est qu'il y a un risque de faire de la peine aux jeunes (...) c'est simplement la facilité, toujours la facilité encore la facilité : dire oui, puis oui, puis oui et encore oui parce que pour dire non il faut un minimum de courage."

Alors que le PS évoquait une abrogation d'Hadopi, François Hollande a déclaré dimanche que la loi, qu'il a jugée inapplicable, serait "remplacée (...) car il faut un cadre pour fixer les droits de chacun".

Lors de son intervention, dans l'enceinte du futur musée des civilisations Europe Méditerranée de Marseille, le chef de l'Etat a été brièvement interrompu par une femme dans le public qui a juste eu le temps de l'interpeller sur le coût "honteux" de la manifestation avant d'être évacuée par le service d'ordre.

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  • papymujo le mardi 24 jan 2012 à 17:17

    La Finance est un paradis numérique!