Sarkozy veut appliquer le principe de précaution aux djihadistes

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    PARIS, 11 septembre (Reuters) - Nicolas Sarkozy veut 
appliquer "systématiquement" le principe de précaution à toute 
personne soupçonnée de liens avec le terrorisme et accuse dans 
une interview publiée par le Journal du Dimanche François 
Hollande de ne pas tout faire pour lutter contre cette menace. 
    L'ancien chef de l'Etat répond notamment au discours 
prononcé jeudi par ce dernier sur la France face au terrorisme, 
dans lequel le président de la République a attaqué les 
conceptions de son adversaire de 2012 et des autres prétendants 
de droite à l'élection présidentielle de 2017. 
    "François Hollande ne met pas tout en oeuvre pour lutter 
contre le terrorisme", accuse Nicolas Sarkozy qui plaide pour 
une adaptation de l'Etat de droit à la menace. 
    Il réitère ses propositions de cour spéciale antiterroriste, 
de rétention administrative systématique pour les "individus 
dangereux soupçonnés de liens avec le terrorisme" et d'expulsion 
de tout étranger condamné à l'issue de sa peine. 
    "Il y a dans la Constitution un principe de précaution. 
Pourquoi la lutte contre le terrorisme (...) serait le seul 
sujet sur lequel on ne l'appliquerait pas ?" poursuit-il. 
    "Tout étranger suspecté d'être en lien avec une activité 
terroriste devrait être expulsé sans délai. Tout Français 
suspecté d'être lié au terrorisme, parce qu'il consulte 
régulièrement un site djihadiste, que son comportement témoigne 
d'une radicalisation ou parce qu'il est en contact étroit avec 
des personnes radicalisées, doit faire l'objet d'un placement 
préventif dans un centre de rétention fermé", ajoute-t-il. 
    Nicolas Sarkozy propose que des services spécialisés 
analysent la situation des personnes placées en rétention 
préventive. Un individu ainsi placé en rétention administrative 
pourra être envoyé dans un centre de déradicalisation ou faire 
l'objet d'une enquête judiciaire en fonction des résultats de 
cette analyse, explique l'ancien chef de l'Etat. 
    "Il ne sortira que lorsqu'il ne sera plus radicalisé. Sinon, 
il y restera. Nous ne pouvons laisser en liberté des individus 
radicalisés qui sont de véritables bombes à retardement", 
ajoute-t-il. "Notre riposte doit changer de dimension." 
    "Je veux être le porte-parole de la majorité silencieuse qui 
nous dit : 'ça suffit'", insiste Nicolas Sarkozy, qui est à ce 
stade avec le maire de Bordeaux, Alain Juppé, l'un des deux 
premiers favoris des sondages pour la primaire de la droite.  
 
 (Emmanuel Jarry) 
 
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