Sarkozy se prépare à une "grande explication" post-régionales

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    * Il prône cohésion et sang-froid entre les deux tours 
    * Il reconnaît la nécessité d'un débat idéologique 
    * Son choix est fait, ce sera la ligne droitière 
 
    par Sophie Louet et Emile Picy 
    PARIS, 8 décembre (Reuters) - Nicolas Sarkozy a exhorté 
mardi son camp au "sang-froid" et à l'unité afin de gommer la 
"déception" du premier tour des régionales le 13 décembre 
prochain, tout en concédant qu'un débat sur la ligne des 
Républicains, réclamé par ses rivaux, s'imposerait après le 
scrutin. 
    Deux jours après la percée historique du Front national, 
l'ancien chef de l'Etat s'est rendu mardi à la réunion des 
députés LR, à l'Assemblée, pour réaffirmer la nécessité du "ni 
ni" (ni retrait ni fusion de listes), tactique qui ne souffre 
pas d'opposition notoire au sein du parti, et remobiliser des 
troupes encore sous l'effet de la "douche froide" de dimanche, 
selon l'expression d'un élu. 
    Beaucoup d'élus, en campagne sur le terrain, étaient 
absents. 
    "Chaque région a ses problématiques, laissons donc les têtes 
de listes mener campagne comme elles l'entendent, on peut avoir 
des surprises y compris des bonnes", a déclaré un Nicolas 
Sarkozy tendu, selon un participant. 
    Alors que le FN est premier dans six régions 
métropolitaines, la droite n'est arrivée en tête que dans quatre 
d'entre elles (Normandie, Pays de la Loire, Ile-de-France et 
Auvergne-Rhône-Alpes), avec pour l'heure la seule certitude 
d'une victoire dans les Pays de la Loire. 
    Au lendemain d'un bureau politique plutôt consensuel, 
urgence électorale oblige, le président des Républicains a 
invité à "ne pas s'exprimer dans tous les sens en critiques 
internes" afin de ne pas brouiller l'entre-deux-tours. 
    "La nécessité, c'est le sang-froid. Par la faute de 
comportements individuels on est accusé de faire monter le FN", 
a-t-il poursuivi, dans une allusion aux propos de l'eurodéputée 
LR Nadine Morano sur la France, "pays de race blanche". 
    "Beaucoup dépendra de l'attitude des uns et des autres. Car 
la presse ne retient que les divisions, et l'échec de la gauche 
est balayé (dans les médias-NDLR) par trois ou quatre 
déclarations des nôtres", a insisté Nicolas Sarkozy. 
    Des députés LR, tels Hervé Mariton et Bernard Debré, ont 
ouvertement imputé lundi à Nicolas Sarkozy la contre-performance 
des listes LR-UDI-MoDem lors du premier tour. 
     
    "IL Y AURA UN DÉBAT À OUVRIR" 
    L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et Nathalie 
Kosciusko-Morizet, numéro deux des Républicains, ont rompu la 
concorde apparente en prônant - en vain - le retrait des listes 
de droite arrivées troisièmes, comme en 
Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées). 
    "Si on veut montrer que la seule alternative au FN c'est le 
PS, c'est le meilleur moyen", a répété Nicolas Sarkozy mardi. 
    Le président des Républicains a reçu lundi le soutien 
circonstanciel d'Alain Juppé et François Fillon, ses principaux 
concurrents déclarés à la primaire de 2016, qui réservent leurs 
critiques pour l'après-régionales. 
    Le député de Paris est intervenu mardi lors de la réunion du 
groupe LR pour "demander qu'on n'ouvre pas de débats entre les 
deux tours", ni sur le retrait des listes, "qui est une question 
tranchée", ni sur la ligne du parti, a rapporté son entourage. 
    "La grande explication, c'est pour lundi, et ça pourrait 
être sanglant", pronostique un élu LR. 
    Nicolas Sarkozy le sait et s'y prépare. 
    "La question de la ligne politique des Républicains, ce 
n'est pas le moment, mais après dimanche, oui, il y aura un 
débat à ouvrir", a-t-il dit mardi devant les députés. 
    Le président de LR a avancé ses pions dès lundi soir, sur 
France 2, en défendant la ligne droitière que lui reprochent 
aujourd'hui ses détracteurs. 
    Nicolas Sarkozy s'est en effet prévalu d'avoir introduit 
dans le débat public avant le Front national les enjeux de 
l'immigration, les questions de l'identité, des "racines 
chrétiennes", des frontières. Il a même cité son discours de 
Grenoble, considéré comme le tournant sécuritaire de son 
quinquennat, le 30 juillet 2010, lorsqu'il avait notamment 
établi un lien entre immigration et délinquance. 
    "Je pense qu'il faut rétablir de la fermeté et de l'autorité 
dans notre pays", a-t-il préconisé en réponse à "l'exaspération" 
exprimée selon lui par les électeurs du FN. 
    Le défi de la droite, a-t-il estimé, c'est de "répondre à 
cette forme de radicalité sans soi-même être dans l'extrémisme 
et dans l'excès". 
    "Nous y travaillons d'arrache-pied (...) ça ne se fait pas 
par un claquement de doigts", a-t-il dit. 
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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