Sarkozy s'efforce de renvoyer dos-à-dos Hollande et Le Pen

le
11
NICOLAS SARKOZY VEUT DIVISER L'IMMIGRATION PAR DEUX
NICOLAS SARKOZY VEUT DIVISER L'IMMIGRATION PAR DEUX

par Emmanuel Jarry et Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy s'est efforcé jeudi soir de renvoyer dos-à-dos son adversaire socialiste à l'élection présidentielle, François Hollande, et la candidate du Front National, Marie Le Pen, sur les thèmes de la fiscalité et de l'immigration.

C'est cependant surtout sur celle-ci que le chef de l'Etat, candidat à un second mandat mais à la traîne dans les sondages, a multiplié les propositions, lors de l'émission "Des paroles et des actes" - trois heures d'interview, ponctuées par un échange avec l'ex-Premier ministre socialiste, Laurent Fabius.

Cette intervention télévisée était considérée comme une de ses dernières chances, avec un grand meeting dimanche, près de Paris, d'inverser la tendance des intentions de vote.

Nicolas Sarkozy, qui s'efforce de consolider sa base électorale en attirant les voix du Front national, a récusé toute idée de "virage à l'extrême-droite".

"Depuis le temps que je fais des virages à l'extrême-droite je vais me retrouver à l'extrême gauche (...) Mais c'est vous qui tournez en rond avec vos commentaires", s'est-il insurgé contre le journaliste qui l'interrogeait à ce sujet.

Il a cependant revendiqué le droit d'avoir sur certains sujets des positions proches de celles de Marine Le Pen.

"Mme Le Pen dit que les victimes doivent pouvoir faire appel dans une cour d'appel, je l'ai proposé et je suis ravi qu'elle soit du même avis que moi", a-t-il souligné.

L'essentiel des nouvelles propositions exposées jeudi soir par le chef de l'Etat portent par ailleurs sur l'immigration, thème de prédilection de la dirigeante d'extrême-droite.

"RELENT DE HAINE"

Il a promis de diviser par deux le nombre d'immigrés accueillis en France, d'imposer de nouvelles conditions au rapprochement familial, aux mariages mixtes et à l'attribution du Revenu de solidarité active (RSA) et du minimum vieillesse aux étrangers.

Nicolas Sarkozy a en revanche dit son "total désaccord" avec la proposition de Marine Le Pen de ne plus rembourser les interruptions volontaires de grossesse (IVG) ou avec sa façon de stigmatiser les musulmans de France.

Il a également dénoncé un "relent de haine" dans la polémique lancée par la présidente du FN sur la viande halal.

"Mais cette haine, je ne la retrouve pas simplement de ce côté-là, je la retrouve aussi de l'autre côté", a-t-il ajouté en visant, cette fois, le candidat socialiste.

"Quand on dit: 'l'ennemi c'est la finance', en moi-même je me disais: 'mais que pensent tous les employés de banque qui font leur boulot sérieusement ?'" a-t-il dit en faisant allusion à des propos de François Hollande lors de son premier grand meeting.

Il a riposté à la proposition du candidat socialiste d'une tranche d'imposition à 75% pour les revenus au-dessus d'un million d'euros en promettant un taux d'impôt minimum sur les bénéfices pour les grands groupes français.

Une façon pour lui de contester l'étiquette de "président des riches" qu'il traîne depuis le début du quinquennat et que son adversaire socialiste s'efforce de lui coller.

"Dire que nous avons fait des cadeaux aux riches, c'est un mensonge, c'est une malhonnêteté", s'est indigné le chef de l'Etat, qui a multiplié les piques contre François Hollande.

"LEÇONS DE STYLE"

"C'est un homme qui n'a jamais exercé la moindre responsabilité à la tête de l'Etat", a-t-il notamment dit. "Il n'aime pas trancher, il n'aime pas choisir et dit oui à tout."

A Laurent Fabius, qui lui reprochait la violence de ces propos, il a répondu qu'il s'inspirait des critiques de l'ancien Premier ministre contre le candidat socialiste au moment où il soutenait Martine Aubry lors de la primaire PS.

Les deux hommes se sont affrontés pendant plus de 45 minutes essentiellement sur l'économie. Laurent Fabius a reproché à Nicolas Sarkozy d'avoir échoué dans sa lutte contre le chômage et pour le pouvoir d'achat. Le chef de l'Etat a accusé le PS de vouloir augmenter les cotisations sociales pour financer un retour en arrière sur la réforme des retraites.

"Pourquoi voulez-vous que ce qui n'a pas marché pendant cinq ans avec vous tout d'un coup se mette à fonctionner ?" a dit Laurent Fabius, qui a reproché au président d'avoir pris à plusieurs reprises "des distances avec les valeurs de la République, l'égalité, la fraternité, la laïcité".

Nicolas Sarkozy a répliqué qu'il n'avait "pas beaucoup de leçons de style à recevoir de quelqu'un qui militait" pour que l'ex-directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn, impliqué dans des affaires de moeurs, devienne chef de l'Etat.

Le président, qui bataille pour redresser une image très écornée dans l'opinion publique, a ébauché un mea-culpa et admis des erreurs mais il a aussi joué d'une expérience internationale qu'il dénie à François Hollande.

En cas de victoire, il ira "évidemment" voir d'abord la chancelière allemande, pour qui il a dit son admiration - "Angela Merkel et moi, on a mis du temps à se comprendre parce qu'elle est de l'Est, parce que toute sa carrière elle a attendu derrière le mur" (de Berlin).

Il a dit vouloir réserver très vite le deuxième voyage du nouveau quinquennat pour Israël et la Palestine : "Je souhaite que (...) nous prenions l'initiative pour que l'année 2012 soit l'année de la paix entre Israéliens et Palestiniens."

Edité par Jean-Philippe Lefief

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • bercam01 le mercredi 7 mar 2012 à 13:32

    Quelles que soient ses tentatives pour se démarquer, elles sont condamnées à l'échec : il n'est plus "crédible" !

  • wanda6 le mercredi 7 mar 2012 à 09:29

    J’aurais aimé un referendum sur le MES (« Mécanisme européen de stabilité » ) qui nous fait perdre notre souveraineté budgétaire !Si je comprends bien selon Sarkozy : le Français est trop "'con" pour qu'on lui propose un référendum sur un sujet complexe mais il est très intelligent s'il vote pour le candidat sortant.

  • wanda6 le mercredi 7 mar 2012 à 09:23

    Electeurs UMPS, êtes-vous prêts à débourser 142,7 milliards d’euros Explications détaillées dans lien : http://www.bastamag.net/article2142.htmlTexte original sur le MES : http://www.european-council.europa.eu/media/582863/06-tesm2.fr12.pdf

  • wanda6 le mercredi 7 mar 2012 à 09:20

    Citation de Mme Tatcher : « En politique, si vous voulez des discours, demandez à un homme. Si vous voulez des actes, demandez à une femme. »

  • wanda6 le mercredi 7 mar 2012 à 09:19

    RAPPEL : Le programme présidentiel de Nicolas Sarkozy en 2007 listé en 15 points http://www.politiquessociales.net/IMG/pdf/monprojet_1_.pdf

  • wanda6 le mercredi 7 mar 2012 à 09:18

    http://www.youtube.com/watch?v=5EjBwHdE3yQ petite compilation sur les mensonges de Nicolas Sarkozy...

  • p-mart le mercredi 7 mar 2012 à 09:08

    Oui mais Hollande sait flatter le "peuple" dans ses instincts les plus bas, jalousie, envie et fainéantise le tout saupoudré d'un soupçon de solidarité histoire de se donner le beau rôle.

  • 90342016 le mercredi 7 mar 2012 à 08:57

    umps dehors

  • jdie1 le mercredi 7 mar 2012 à 08:42

    Si Hollande passe ce sera une catastrophe économique et sociale gravissime... Quand on pense également que il y a 5 ans c'était son épouse, on peut se poser des questions sur le partage du pouvoir et la démocratie...Moi personnellement ça me choque.... Il n'a aucun charisme et ses idées sont démagogiques au possible.... Ses idées sont totalement nauséabondes pour la France... Il a des idées d’extrême gauche....

  • dhote le mercredi 7 mar 2012 à 08:24

    Sarkosy doit faire face à une hostilité, à peine voilée, des journalistes, des médias, des politiques et je trouve qu'il s'en sort plutôt bien; c'est une bête politique. Est-ce suffisant pour gagner ? Patientons encore qq jours.