Sarkozy prône une refonte de la politique migratoire de l'UE

le
0

* Pas de quotas sans politique migratoire commune * Sarkozy veut créer un statut de réfugié de guerre * Il appelle à tourner la page des tensions la guerre froide avec la Russie PARIS, 9 septembre (Reuters) - Nicolas Sarkozy reste hostile aux quotas de migrants sans l'établissement d'une politique migratoire européenne commune et dénonce l'alignement de François Hollande sur la chancelière allemande Angela Merkel dans le débat actuel. Dans une interview au Figaro, à paraître jeudi, le président des Républicains voit dans le revirement du chef de l'Etat, qui était initialement hostile aux quotas, "une nouvelle illustration de l'absence de stratégie, de vision et d'autorité". "La France a vocation à fixer un cap en Europe et non pas à se retrouver à la traîne. Les Français constatent chaque jour que François Hollande a perdu toute maîtrise des événements", dit-il. Pour Nicolas Sarkozy, les quotas "ne peuvent être que la conséquence d'une nouvelle politique d'immigration européenne, et en aucun cas le préalable!" L'ex-président de la République voudrait la création d'un statut de réfugié de guerre, distinct du droit d'asile, pour ceux "qui sont obligés de fuir provisoirement leurs pays en voie de désintégration" et qui "ont vocation à rentrer chez eux une fois la paix rétablie". "Ces derniers doivent être distingués des réfugiés politiques qui, eux, ont droit à un visa de dix ans", assure-t-il. Nicolas Sarkozy propose, pour pouvoir instruire les dossiers, de créer des centres de rétention dans les pays périphériques à Schengen, à l'Est comme au Sud. "Instruire les situations personnelles après que la Méditerranée a été traversée expose l'Europe à des drames humains insupportables", estime-t-il. LIBRE CIRCULATION SUSPENDUE Afin de "refonder" la politique européenne, le président des Républicains prône une nouvelle négociation des accords de Schengen. "Aujourd'hui, Schengen ne fonctionne plus". Il propose en conséquence de suspendre provisoirement la libre circulation des ressortissants non-européens au sein de l'espace Schengen. "À ma connaissance, il y a toujours des frontières et heureusement! À ma connaissance également, il y a toujours une Police de l'air et des frontières, et des douaniers. Il ne doit donc pas être très compliqué de leur demander de faire ce travail pour les ressortissants non européens", dit-il. Nicolas Sarkozy apporte d'autre part son soutien de principe à des frappes aériennes contre l'Etat islamique (EI) en Syrie mais s'oppose lui aussi à l'envoi de forces au sol autres que les experts nécessaires, selon lui, "pour prendre les coordonnées GPS des cibles, ce qui évite les dommages collatéraux". Pour venir à bout de l'EI, l'ancien chef de l'Etat estime qu'il faut "tourner la page" de la nouvelle "guerre froide" entre l'Union européenne et la Russie. Cela ne veut pas dire, selon lui, "que l'on est d'accord sur tout, ni que l'on accepte ce qui se passe à Donetsk. (Mais) La Russie doit montrer sa bonne volonté en aidant la communauté internationale à vaincre Daech et à régler l'imbroglio syrien." "La Russie doit revenir dans le G8, elle doit lever l'embargo sur les viandes et un nouveau dialogue doit s'engager entre les Européens et les Russes. C'est dans l'intérêt des Russes comme des Européens", dit-il encore. (Gérard Bon, édité par Yann Le Guernigou)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant