Sarkozy promet aux enseignants plus présents 25% d'augmentation

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NICOLAS SARKOZY PROPOSE 25% D?AUGMENTATION POUR LES ENSEIGNANTS PLUS PRÉSENTS
NICOLAS SARKOZY PROPOSE 25% D?AUGMENTATION POUR LES ENSEIGNANTS PLUS PRÉSENTS

par Yann Le Guernigou

MONTPELLIER, Hérault (Reuters) - Nicolas Sarkozy a proposé mardi d'augmenter de 25% le traitement des enseignants en échange de plus de présence dans leurs établissements et de mettre un terme au non remplacement d'un départ à la retraite sur deux en maternelle et dans le primaire.

Le président-candidat, qui présentait ses propositions en matière d'éducation lors d'un meeting à Montpellier, a prôné en outre une réforme du baccalauréat qui pourrait passer par une plus grande place accordée au contrôle continu des élèves.

Après avoir mis en avant l'autonomie des universités, "attendue depuis trop longtemps", comme réforme majeure de son quinquennat, il a déclaré que "c'est à l'école, de la petite enfance jusqu'au bac, qu'il faut donner la priorité" au cours des cinq prochaines années.

Cette priorité passe selon lui par une remise à plat de son rôle et de son organisation et non par plus de moyens.

"Dire que l'école ne doit pas changer, dire que tout peut continuer comme avant, avec seulement plus de moyens, c'est se mentir à soi-même ou mentir aux Français", a-t-il dit en dénonçant une nouvelle fois le projet de création de 60.000 postes dans l'Education nationale annoncé par son rival socialiste François Hollande.

Le chef de l'Etat a néanmoins fait un geste en direction des enseignants en renonçant au non remplacement d'un départ sur deux à la retraite dans le primaire et à la maternelle.

Depuis la rentrée dernière, des voix s'étaient élevées jusqu'au sein de la majorité pour réclamer un assouplissement de cette règle, appliquée à l'ensemble de la fonction publique, pour l'éducation nationale.

Selon son entourage, il s'agit de prendre en compte le fait que c'est en maternelle et dans le primaire qu'il faut "concentrer la lutte contre l'illettrisme".

Dans le même temps, Nicolas Sarkozy a réaffirmé la nécessité, à ses yeux, que les enseignants passent plus de temps dans leurs établissements, le contact avec les élèves ne devant pas se résumer aux seules heures de cours, et proposé à ces fins d'augmenter leur rémunération.

FOLIE FISCALE

Le marché proposé, qui reprend une proposition du projet 2012 de l'UMP, est de passer, sur une base volontaire, de 18 heures de cours à 26 heures de présence par semaine en contrepartie d'une augmentation de 25% de leurs traitements, soit près de 500 euros par mois, a-t-il expliqué.

Il s'est empressé de lier cette proposition à la défense de la valeur "travail", un leitmotiv de sa campagne.

"J'assume le choix de payer davantage ceux qui travaillent plus, j'affirme et j'assume le choix de récompenser le talent. Récompenser le mérite, valoriser la réussite (...) ce sont les principes que la République a toujours mis à l'honneur."

"C'est le contraire de cette folie égalisatrice, de cette folie du nivellement, de cette folie fiscale qui s'en prend au travail, au talent, à la réussite et à l'esprit d'entreprise", a-t-il ajouté en stigmatisant ainsi à l'évidence mais sans la nommer la proposition de taxation à 75% des revenus supérieurs à un million d'euros avancée par François Hollande.

"La folie fiscale qui décourage le travail, qui décourage l'initiative, elle isole la France du reste du monde, c'est la France qui détruit ses forces vives, la folie fiscale, c'est la France faible", a-t-il encore dit.

Pour le reste, Nicolas Sarkozy, qui avait débuté son déplacement par la visite d'un internat d'excellence réservé aux enfants "motivés qui ne disposent pas d'un contexte favorable pour étudier et réussir", a remis en avant deux propositions déjà esquissées, la fin du collège unique et l'autonomie des établissements scolaires.

Il a évoqué une réforme du baccalauréat, dont il estime que ce serait une "erreur" que de vouloir le supprimer mais qui doit dans son esprit "refléter une exigence plus élevée".

"Moins d'options, moins d'épreuves facultatives, des notes sans doute éliminatoires dans les disciplines fondamentales, plus de place accordée au contrôle continu, un tronc commun encore plus important pourraient constituer les axes d'une réforme utile", a-t-il dit. "Le temps est venu d'en débattre."

Avec Emmanuel Jarry, édité par Sophie Louet

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  • laquitta le mardi 28 fév 2012 à 20:56

    c'est fou, il a plein d'idées. Il a dormit depuis 5 ans ?