Sarkozy prévient contre tout débordement au congrès de l'UOIF

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SARKOZY PRÉVIENT CONTRE TOUT DÉBORDEMENT AU CONGRÈS DE L'UOIF
SARKOZY PRÉVIENT CONTRE TOUT DÉBORDEMENT AU CONGRÈS DE L'UOIF

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a mis en garde mardi l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) contre tout débordement lors de son congrès, du 6 au 9 avril au Bourget, près de Paris.

Dans un courrier au président de l'UOIF rendu public par l'Elysée, il prend acte "avec satisfaction" d'un engagement de ce dirigeant à écarter de son mouvement les "extrémistes qui instrumentalisent l'Islam" et à ne pas leur offrir de tribune, lors de la 29e Rencontre annuelle des Musulmans de France.

"Mais je vous assure en même temps de mon extrême vigilance face à d'éventuels débordements qui pourraient se produire lors de ce congrès", poursuit le chef de l'Etat dans cette réponse à une lettre d'Ahmed Jaballah en date du 27 mars.

La France a déjà interdit l'entrée sur son territoire à quatre prédicateurs musulmans aux positions considérées comme présentant un "fort risque de troubles à l'ordre public", qui étaient invités au congrès de l'UOIF.

Deux autres prédicateurs jugés indésirables, Youssef al Qaradaoui, basé au Qatar, et l'Egyptien Mahmoud al Masri, ont pour leur part renoncé à venir en France, selon les ministères de l'Intérieur et des Affaires étrangères.

Dans sa lettre à Ahmed Jaballah, Nicolas Sarkozy juge que Youssef al Qaradaoui fait partie des prédicateurs qui "appellent à la haine et au viol des valeurs et des lois de la République".

"Je vous le dis avec la plus grande fermeté", poursuit-il : "Je ne tolérerai pas que puissent s'exprimer au cours d'une manifestation publique organisée sur le sol français les porteurs de messages d'appels à la violence, à la haine, à l'antisémitisme."

"DÉTERMINATION ABSOLUE"

"La France est un pays démocratique, laïc, profondément respectueux des religions comme des droits de l'homme, attaché à la paix", ajoute-t-il. "Il est de mon devoir de président de la République de ne pas accepter et de réprimer tout ce qui pourrait porter atteinte à ces valeurs. Ma détermination est à cet égard absolue. Les congressistes que vous réunirez dans quelques jours au Bourget doivent en être convaincus."

L'UOIF, réputée défendre un islam fondamentaliste proche de celui des Frères musulmans, siège au Conseil français du culte musulman, créé sous la houlette de Nicolas Sarkozy lorsqu'il était ministre de l'Intérieur.

Elle organise chaque année cette Rencontre annuelle des musulmans de France, qui réunit des milliers de participants.

En 2003, Nicolas Sarkozy y avait pris la parole en tant que ministre de l'Intérieur et des cultes. D'abord acclamé, il s'était fait huer quand il avait rappelé, en pleine bataille sur le voile islamique, que la loi française impose aux femmes comme aux hommes d'être tête nue sur leurs papiers d'identité.

Cette année, cette conférence intervient dans un climat alourdi par l'affaire Mohamed Merah, un homme de 23 ans se réclamant d'Al Qaïda, qui a abattu trois militaires, trois enfants juifs et un rabbin entre le 11 et le 19 mars à Montauban et Toulouse, avant d'être tué par les policiers venus l'arrêter.

Cette affaire, qui a suscité une profonde émotion en France, a provoqué un retour en force des thèmes de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme dans la campagne pour l'élection présidentielle des 22 avril et 6 mai.

"TOLÉRANCE ZÉRO"

Le chef de l'Etat, candidat à un second mandat, en a parlé abondamment dans ses meetings électoraux et interventions publiques et a annoncé de nouvelles mesures de lutte contre l'extrémisme religieux et le terrorisme.

Les autorités françaises ont décidé lundi d'expulser cinq imams ou militants considérés comme des islamistes radicaux et Nicolas Sarkozy a dit qu'il y en aurait d'autres.

Ces imams et militants de diverses nationalités tenaient des propos "parfaitement incompatibles avec les valeurs de la République française (...), des propos de haine (et) de violence", a-t-il expliqué mardi matin sur Canal+.

"Après le drame de Montauban et de Toulouse, nous ne pouvons pas tolérer des comportements de cette nature", a-t-il ajouté. "Tout étranger en France qui prononcera des paroles contraires à nos valeurs sera raccompagné immédiatement à son pays d'origine (...) Ça sera une règle, maintenant, qui ne souffrira aucune exception (...) Nous avons décidé que ça serait tolérance zéro."

Treize islamistes présumés ont été présentés mardi à des juges afin d'être mis en examen pour association de malfaiteurs en vue de commettre un acte de terrorisme.

Le parquet a requis l'incarcération de neuf d'entre eux, membres présumés du groupe Forsane Alizza ("Cavaliers de la fierté") dissous en février, dont leur leader Mohamed Achamlane.

Edité par Yves Clarisse

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  • laquitta le mercredi 4 avr 2012 à 11:42

    l'UOIF devrait être interdite, un point c'est tout!

  • laquitta le mardi 3 avr 2012 à 19:48

    Déjà des années que celà aurait du être fait. Nos politiciens sont vraiment minables!