Sarkozy préempte le thème de l'immigration sous couvert d'unité

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* L'ancien président soumet ses propositions au vote des militants * Il met ses rivaux au pied du mur * Déjà un détournement de la primaire ? par Sophie Louet PARIS, 16 septembre (Reuters) - Nicolas Sarkozy, qui prône une refonte de la politique d'immigration européenne, a mis en garde mercredi contre un risque de "déflagration de la société française" face à la crise des réfugiés qui échappe selon lui à François Hollande. Déterminé à ne pas "céder un pouce" au Front national sur les sujets régaliens, le président des Républicains a dénoncé les "postures morales" et les "impostures idéologiques" sur l'immigration au terme d'une réunion de travail sur ce thème programmée avant que l'afflux des réfugiés n'ébranle l'Europe. L'ancien chef de l'Etat s'en est pris à l'irresponsabilité présumée de l'exécutif socialiste qui aurait "perdu toute maîtrise des événements". "On est sur une pente glissante, (...) y-a-t-il un pilote dans l'avion? Non!", a-t-il lancé en choeur avec les militants présents. "Je suis heureux de jouer le rôle de souffleur", a-t-il ironisé en évoquant notamment le changement de pied des autorités allemandes qui ont rétabli les contrôles à leurs frontières après avoir ouvert grandes leurs portes. Après avoir fustigé la "brutalité" et "l'inhumanité" de la présidente du FN Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy a estimé que le pouvoir en place, qui s'est engagé notamment à accueillir 24.000 réfugiés ("un chiffre faux)", ouvrait la boîte de Pandore. "La France de 2015 est traversée d'immenses tensions : penser que l'immigration doit encore augmenter, alors même que la communauté nationale est fragilisée, alors que notre marché du travail, nos finances publiques, notre système éducatif et l'ascenseur social sont bloqués (...), c'est prendre le risque d'une déflagration de la société français". Le président de LR, qui n'a toujours pas officialisé sa candidature à la primaire de la droite et du centre de 2016, s'emploie à imposer sa ligne sur les dossiers appelés à dominer la présidentielle de 2017 alors que ses principaux rivaux font valoir leur singularité et leur indépendance. "PLUS VOUS SEREZ NOMBREUX" Ainsi a-t-il décidé de soumettre mercredi au vote des militants onze questions sur ses propositions de refonte des politiques d'immigration française et européenne, le rétablissement temporaire des contrôles aux frontières nationales de l'espace Schengen, qui devra être renégocié, l'instauration de "plafonds limitatifs" pour maîtriser l'immigration en France ou la restriction des aides sociales. La tactique, dont l'objet est d'imposer à ses rivaux un "socle programmatique commun" au nom de l'unité, vise aussi à consolider la réserve des voix sarkozystes pour la consultation de 2016. "C'est la stratégie de l'étouffement", résume, mi-amusé mi-inquiet un élu LR convié mercredi au séminaire. Ni Bruno Le Maire, qui a eu un entretien mercredi matin avec Nicolas Sarkozy, ni François Fillon ou Alain Juppé n'étaient présents. Les trois hommes, qui goûtent peu d'être mis devant le fait accompli, revendiquent de faire avancer "leurs idées". Les propositions de Nicolas Sarkozy, déjà exposées la semaine dernière dans une interview au Figaro ID:nL5N11F48Q , seront débattues lors du premier bureau politique du parti mardi prochain, une fois connus les résultats du vote électronique. La consultation débute mercredi à 18h00 (16h00 GMT) et s'achèvera vendredi à la même heure. "Etes-vous d'accord pour la suspension immédiate de Schengen...", "Faut-il diminuer l'attractivité sociale de l'Europe...", "Faut-il supprimer, pour les étrangers en situation illégale, l'Aide médicale d'Etat...", "Faut-il adapter le droit du sol..." sont au nombre des questions. "Chaque fois que nous allons travailler sur les questions programmatiques, je veillerai à ce que les questions les plus sensibles soient tranchées par vous", a déclaré Nicolas Sarkozy aux adhérents présents, tout acquis à leur champion. "Plus vous serez nombreux, plus cela donnera de la force", a-t-il conclu, dans un appel plein de sous-entendus pour la primaire. (Edité par Yves Clarisse)

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