Sarkozy pour un projet qui engage les candidats à la primaire

le , mis à jour à 22:48
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PARIS, 5 mai (Reuters) - Nicolas Sarkozy, qui n'a toujours pas officialisé sa candidature à la primaire à droite, annonce dans Le Figaro un projet présidentiel "collectif" pour juin 2016 qui constituerait "un socle et un idéal communs" pour l'ensemble des prétendants à l'élection de 2017. Dans une interview à paraître mercredi, le président de l'UMP insiste notamment sur la nécessité de strictes "règles de neutralité" dans l'espace public pour préserver la laïcité républicaine et faire barrage au prosélytisme religieux. Alain Juppé, son plus sérieux rival, et François Fillon, qui décline d'ores et déjà son projet, ont déjà prévenu qu'ils concourraient sur leur ligne. "Que serait un parti politique sans idée et sans projet? Une coquille vide. La concurrence, légitime, ne justifie pas qu'on soit en désaccord sur tout", justifie Nicolas Sarkozy. "Certains des candidats à la primaire voudront aller moins loin, certains plus loin, il y a aura des différences de sensibilité. Mais j'imagine que tous étant dans la même formation politique pour la plupart depuis des années, ils doivent partager un socle et un idéal communs". "La future primaire, poursuit-il, ne doit pas être une occasion manquée comme le fut celle des socialistes, qui ont hérité d'un candidat de circonstance qui n'était pas prêt et d'une ligne politique qui n'avait pas été tranchée". "Une formation politique sans projet collectif ne serait qu'une addition d'écuries présidentielles", souligne-t-il enfin. "LE TERRIFIANT ÉCHEC DE L'INTÉGRATION" Nicolas Sarkozy, qui expliquait en mars dans Valeurs actuelles se donner du temps pour proposer quelques mesures "très lisibles et très fortes", "un traitement de cheval" à la hauteur de la situation économique du pays, précise qu'un travail intensif débutera en janvier 2016. "Quelle stratégie économique? Peut-on conserver une politique fiscale à ce point différente de celle de nos voisins, ISF compris? Faut-il garder le statut à vie pour tous les fonctionnaires ou proposer aussi comme je le suggère un statut à cinq ans?", avance-t-il. L'éducation, le "drame de l'immigration non contrôlée, du terrifiant échec de l'intégration" seront également au coeur des débats. L'ancien chef de l'Etat réaffirme sans attendre son intransigeance quant à la défense de la laïcité, approuvant notamment la sanction récente à l'égard d'une collégienne musulmane portant une jupe longue, dans les Ardennes. "Au nom de la République, il y a des pratiques sociales sur lesquelles nous ne pouvons pas céder. Imaginez qu'on laisse faire cette jeune fille. Dans troisans, ce seront celles qui ne portent pas de jupes noires qui seront sous pression", estime-t-il. "La République doit définir des règles de neutralité qui s'imposeront dans l'espace public. C'est pourquoi je suis pour l'interdiction du voile pour les fonctionnaires au guichet des administrations, dans les établissements scolaires, à l'université, au collège, au lycée". La loi de mars 2004 sur les signes religieux à l'école prohibe le port de signes ou de tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse. Une loi d'octobre 2010, dite loi sur la burqa, interdit de dissimuler son visage dans l'espace public sans toutefois proscrire le "hijab", le voile qui dissimule la chevelure mais laisse le visage dégagé. (Sophie Louet)

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