Sarkozy pense avoir "inspiré" l'agenda de Hollande

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SAINT-PIERRE-DE-LA-REUNION (Reuters) - Nicolas Sarkozy s'est amusé mercredi du moment choisi par son adversaire socialiste François Hollande pour rendre public un "agenda de changement", à la veille de la présentation du président-candidat pour un éventuel nouveau quinquennat.

"Il a dû se presser (...), ce n'était pas prévu à son calendrier, j'ai dû l'inspirer", a dit Nicolas Sarkozy à des journalistes en marge d'un déplacement à La Réunion.

François Hollande a publié mercredi matin un agenda détaillé des mesures qu'il compte mettre en oeuvre dans les premiers mois après son arrivée à l'Elysée s'il est élu le 6 mai prochain.

Nicolas Sarkozy a de son côté promis de présenter un "plan global et cohérent" lors d'une conférence de presse jeudi, tout en se réservant la possibilité de faire de nouvelles propositions jusqu'au second tour de l'élection présidentielle.

A Paris, plusieurs responsables de l'UMP ont par ailleurs critiqué le contenu des mesures annoncées par le candidat PS.

"C'est un projet totalement décalé des exigences de notre pays dans cette crise et totalement irresponsable", a estimé le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, sur LCI. "L'énorme avantage c'est que maintenant le sérum de vérité est sur la table, il ne peut plus se dissimuler."

Le député-maire de Meaux a ironisé sur l'absence, selon lui, de mesures d'économies dans le programme de François Hollande.

"Je ne vois aucune économie en face, la seule c'est les 75% d'impôts pour les plus riches, mais M. Hollande lui-même a reconnu que ça ne rapporterait rien, et la baisse des salaires pour le président et les ministres".

SIGNAUX NÉGATIFS

"C'est sympathique mais ce n'est pas comme ça qu'on couvre le financement de mesures aussi onéreuses. Plutôt que d'aller chercher l'irresponsabilité chez (Jean-Luc) Mélenchon, c'est chez Hollande lui-même qu'il faut la trouver", a-t-il ajouté, faisant référence au candidat du Front de gauche.

Lors d'une conférence de presse organisée au siège de l'UMP, Hervé Novelli et Valérie Pécresse lui ont emboîté le pas, dénonçant un programme placé selon eux sous le signe de la dépense.

"Ce sont autant de signaux négatifs qui sont envoyés aux marchés" et aux agences de notation "qui sont aux aguets", a mis en garde le secrétaire général adjoint de l'UMP. "C'est le signe de la dégradation attendue, programmée, de notre pays".

Quant à la ministre de Budget, elle a estimé que le programme du rival de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle revenait "à dépenser, dépenser, sans réformer".

"On porte un coup fatal à notre désendettement, à nos finances publiques (...) François Hollande a cédé a l'ivresse de la dépense incontrôlée".

Selon un nouveau chiffrage de l'UMP, le train de mesures présentées ce matin par le candidat socialiste a un coût oscillant entre 28,2 milliards d'euros et 39,9 milliards d'euros, "selon ce que le candidat voudra bien préciser".

Marine Pennetier, Sophie Louet et Yann Le Guernigou à La Réunion, édité par Yves Clarisse

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