Sarkozy ouvre un sommet de crise avec les partenaires sociaux

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NICOLAS SARKOZY OUVRE UN SOMMET DE CRISE AVEC LES PARTENAIRES SOCIAUX
NICOLAS SARKOZY OUVRE UN SOMMET DE CRISE AVEC LES PARTENAIRES SOCIAUX

par Emmanuel Jarry et Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a réuni mercredi matin les partenaires sociaux pour tenter de rallier des soutiens à un train de mesures susceptibles d'enrayer la montée du chômage et de donner un peu d'oxygène à des entreprises françaises en mal de compétitivité.

A trois mois de l'élection présidentielle, le chef de l'Etat, à la traîne dans les sondages et fragilisé par la décision de l'agence Standard & Poor's de retirer à la France sa note souveraine "triple A", paraît ainsi jouer son va-tout.

Ce sommet social rebaptisé "sommet sur la crise" et organisé à la place du traditionnel conseil des ministres hebdomadaire, a débuté à 09h00 et devrait durer trois heures.

Y participent les centrales syndicales CGT, FO, CFDT, CFTC et CFE-CGC et les organisations patronales Medef, CGPME et UPA, ainsi que les ministres concernés.

Les principaux syndicats de salariés ont d'ores et déjà fait connaître leur opposition à l'une des propositions de Nicolas Sarkozy -le transfert d'une partie des cotisations sociales patronales sur des mesures fiscales "anti-délocalisation", qui devrait prendre la forme d'une hausse de TVA.

Ils contestent également l'idée d'accords compétitivité-emploi qui permettraient à une entreprise en difficulté de négocier une nouvelle durée du travail, une baisse des salaires ou un panachage des deux.

SYNDICATS DUBITATIFS

Selon le ministre du Travail, un accord se dessinerait en revanche sur des mesures d'aide au chômage partiel pour éviter des licenciements et sur la formation des chômeurs.

"Ce sera un sommet pour prendre des décisions", a assuré mardi le ministre du Travail, Xavier Bertrand.

Christian Jacob, président du groupe UMP à l'Assemblée, a précisé que cela se traduirait vraisemblablement par un collectif budgétaire en conseil des ministres début février et devant le Parlement fin février-début mars.

Les syndicats s'interrogent sur les desseins réels du chef de l'Etat et sur leur marge de manoeuvre lors d'un sommet dont la partition semble déjà partiellement écrite.

"J'ai 15 propositions mais qui sont des propositions concrètes en matière de formation, en matière de chômage, pour l'emploi, le chômage partiel", a déclaré le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, à son arrivée.

"Pour le reste, on ne peut pas rentrer dans des logiques qui, selon moi, sont fausses économiquement et dangereuses socialement", a-t-il ajouté.

Pour Pierre Cahuc, professeur d'économie à l'Ecole Polytechnique, "c'est le scénario classique où (Nicolas Sarkozy) se précipite dans un arrangement de dernière minute sans prendre suffisamment de temps pour des consultations ou le suivi".

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a jugé impossible de "chambouler les mécanismes de financement de la Sécurité sociale en quelques jours, en quelques heures".

UNE HAUSSE LIMITÉE DE TVA ?

Nicolas Sarkozy a prévu de s'adresser fin janvier aux Français pour expliquer les décisions arrêtées.

Selon des sources gouvernementales, la hausse de TVA envisagée par le gouvernement en échange d'une réduction des cotisations sociales patronales sera en tout état de cause limitée pour éviter un impact néfaste sur la consommation, loin des demandes de baisse massive de charges du patronat.

Le quotidien économique Les Echos croit savoir que cette hausse de TVA serait limitée à deux points et ne porterait que sur le taux normal actuel de 19,6%.

Les quelque 12 milliards d'euros ainsi récoltés par l'Etat serviraient à réduire les charges patronales pour les salariés gagnant jusqu'à deux à 2,5 fois le smic, précise le journal.

Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, est venu à l'Elysée avec une proposition de substitution : une baisse de 10 points des cotisations sociales couplée à une augmentation des salaires de 7% et à une hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) de 7%.

La présidente du Medef, Laurence Parisot, prône pour sa part une hausse de la TVA épargnant les produits de première nécessité, compensée par une baisse des charges patronales et assortie d'une hausse de la CSG.

La question des moyens de Pôle Emploi, où les agents se plaignent de crouler sous les dossiers, devrait également être évoquée, ainsi que celle d'une augmentation de l'offre de logements et le projet, cher à Nicolas Sarkozy, de taxation des transactions financières.

Le gouvernement a tenté d'allumer par avance un contrefeu face aux critiques de l'opposition en brandissant le spectre d'un "coup d'assommoir fiscal" si la gauche revient au pouvoir en mai prochain, par la voix du ministre de la Recherche, Laurent Wauquiez dans une interview au Figaro.

Avec Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

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  • M4189758 le mercredi 18 jan 2012 à 10:41

    JPi - A force de dépenser toujours plus qu’on gagne, sans assainir les finances, ces ‘polis tiques’ nous conduisent droit au triple CCC en 2012. C de Comprendre que la solution de la dette c’est diminuer les dépenses de l’état et pas augmenter les impôts. C de Courage pour obtenir enfin le premier plan de rigueur de l’état français. Il faut 180.000.000.000 euros d’emprunts en moins, rien que pour trouver l’équilibre. C de Centre, là où est peut être la solution du vote en 2012.

  • M4189758 le mercredi 18 jan 2012 à 10:41

    JPi - Travailler plus pour payer plus d'impôt : c'est 30% de la solution. Réduire les dépenses de l’état : c'est 70% de la solution. Le mur de la dette c'est comme le mur du son : ça pète en passant. Il n'y a pas de solution soft. Quand, nos ‘polis tiques’, commenceront-ils à dépenser moins ? Pour le 1er avril le premier vrai plan de rigueur pour l’état ? Allons, COURAGE !

  • M4189758 le mercredi 18 jan 2012 à 10:41

    JPi - Pas de solution proposée par Sarkozy ou Hollande pour réduire les dépenses de l’état, rien qu’augmenter les impôts. Je propose la : « Fin des abus ». 1- Fin des 35 h , 2 -Plafonnement des retraites , 3- réduction (-20%) des salaires et retraites de la fonction publique européenne , 4 - fin des niches fiscales. 5 - Taxation à mort des parachutes dorés, des primes, des salaires mirobolants et des sociétés qui permettent ces détournements d’argent. « PARTAGER PLUS, LA PEUR EN MOINS »

  • dhote le mercredi 18 jan 2012 à 10:15

    A vouloir plaire a tout le monde on risque de differer les décisions qu'impose la situation actuelle. J'attends des annonces, des propositions courageuses, audacieuses qui aboutissent a un vrai partage de la charge. Pas de promesses, pas de rêve, du concret. A semer du vent on sait ce que l'on récolte . Il vaut mieux perdre une élection que de la gagner sur des illusions car le réveil sera brutal. LUCIDITE+COURAGE+AUDACE=HONNEUR

  • M3101717 le mercredi 18 jan 2012 à 09:52

    Les salariés se sont bien assez gavés !Il va falloir payer !!!