Sarkozy nie avoir reçu le moindre centime des Bettencourt

le
1
NICOLAS SARKOZY NIE AVOIR REÇU LE MOINDRE CENTIME DES BETTENCOURT
NICOLAS SARKOZY NIE AVOIR REÇU LE MOINDRE CENTIME DES BETTENCOURT

BORDEAUX (Reuters) - Nicolas Sarkozy a nié jeudi devant le juge d'instruction à Bordeaux avoir reçu le moindre argent de la famille Bettencourt, écrit samedi Sud-Ouest qui publie des extraits de son audition.

Après douze heures face au juge Jean-Michel Gentil qui enquête sur un possible abus de faiblesse de Liliane Bettencourt, héritière de l'Oréal, Nicolas Sarkozy est reparti avec le statut de témoin assisté.

"Je connais les Bettencourt depuis que j'ai 28 ans. J'en ai 57. J'ai fait cinq campagnes municipales. Ils ne m'ont jamais donné un sou, je ne leur ai jamais donné un sou et je ne leur ai jamais rien demandé. Je n'allais pas commencer à 52 ans comme président de la République", a-t-il déclaré devant le juge.

Evoquant André Bettencourt (ndlr: disparu en novembre 2007), Nicolas Sarkozy a affirmé qu'il était "celui qui est allé le moins souvent lui rendre visite parmi les personnalités politiques citées par le personnel de maison de M. et Mme Bettencourt, à savoir Michel Sapin, les Bérégovoy, Hubert Védrine, les Chirac. Il devait bien avoir de l'importance. Je n'y suis allé qu'une fois", a-t-il ajouté.

Concernant un rendez-vous du 5 novembre 2008 à l'Elysée avec Liliane Bettencourt, l'ex-président a souligné que "ce rendez-vous n'est en aucun cas détachable de ma fonction de président de la République. Il a eu lieu pendant ma journée de président de la République. L'article 67 de la Constitution règle ces questions sans ambiguïté. Si je dois rendre compte d'un rendez-vous en tant que président de la République et à la présidence de la République, ce sera devant la Haute cour".

"J'ai donné rendez-vous à la première actionnaire de la première entreprise de France, une des premières contribuables de France et enfin quelqu'un que je connaissais depuis Neuilly (ndlr: ville dont il a été le maire)", a-t-il cependant ajouté.

Durant l'enquête, plusieurs témoins avaient indiqué que Liliane Bettencourt aurait été préparée à cet entretien par l'ancien gestionnaire de fortune des Bettencourt, Patrice de Maistre, et Me Fabrice Goguel, son ancien avocat, qui lui auraient fait apprendre par coeur ce qu'elle devait dire à Nicolas Sarkozy.

"FOSSÉ INFRANCHISSABLE"

"Je vous ai toujours aidé, je vous aiderai toujours. Je vous ai soutenu pour votre élection avec plaisir. Je continuerai à vous aider", aurait-elle eu à dire.

Jeudi Nicolas Sarkozy a indiqué devant le juge que "tenir des propos d'une telle vulgarité quand on vient voir le président de la République n'est pas imaginable. Jamais elle ne se serait permis de tenir des propos d'une telle nature".

L'ancien locataire de l'Elysée a tenu à préciser concernant la vulnérabilité de Liliane Bettencourt que "quand je la vois, je n'aperçois aucun signe apparent de cela (...) Elle est bien habillée, elle ne bégaie pas. Elle ne dit aucune invraisemblance."

Questionné sur le financement de sa campagne électorale de 2007, Nicolas Sarkozy a nié avoir eu le moindre rendez-vous avec André Bettencourt car, a-t-il dit, "je ne m'en occupe pas".

"Il y a un fossé infranchissable avec le candidat", déclare-t-il, ajoutant qu'il ne fait "aucun chèque", "ne règle aucune dépense" et "ne reçois rien", laissant agir à Eric Woerth, le trésorier de la campagne qui ne lui a parlé d'aucun des donateurs.

Lorsque le juge a évoqué les 50.000 euros que l'ex-comptable des Bettencourt Claire Thibout dit avoir retiré au début de 2007 pour les remettre à Patrice de Maistre, lequel lui aurait confié qu'il devait remettre 150.000 euros à Eric Woerth, Nicolas Sarkozy a demandé: "Quel lien avec moi? Patrice de Maistre? Je n'ai aucun rapport avec lui puisqu'il est établi qu'à cette date je ne l'ai jamais rencontré".

Il a répondu de la même manière au sujet des 400.000 euros rapatriés des comptes suisses des Bettencourt en avril 2007.

"Que Liliane Bettencourt ait parlé d'argent avec Patrice de Maistre ou qu'elle ait fait venir de l'argent de Suisse, en quoi cela me concerne?", a-t-il rétorqué, rappelant que son emploi du temps et les dates des faits ne concordaient pas et qu'il n'avait découvert l'existence de Patrice de Maistre qu'un an plus tard.

Claude Canellas, édité par Agathe Machecourt

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • farouxfr le samedi 24 nov 2012 à 10:16

    Oh jamais, au grand jamais, comment peut-on avoir avoir soupçonné un ancien président de la république ? Les hommes politiques et Français de surcroit, sont d'une probité exemplaire...