Sarkozy marque d'un geste financier le processus de paix à l'UMP

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* Sarkozy rembourse l'amende liée à la campagne de 2012 * Il reçoit Juppé, qui salue "une bonne rencontre" * Des primaires au plus tard à l'automne 2016 PARIS, 3 décembre (Reuters) - Nicolas Sarkozy, qui a poursuivi mercredi ses consultations à l'UMP, a souligné d'un geste symbolique son entreprise de pacification en réglant au parti les pénalités liées à l'invalidation de ses comptes de campagne de 2012. Le président de l'UMP, qui met la dernière main au nouvel organigramme du mouvement, a reçu son principal rival pour l'élection présidentielle de 2017, Alain Juppé, qui s'est réjoui d'une "volonté partagée de remettre l'UMP sur les bon rails", notamment sur les primaires qui interviendraient "au plus tard à la rentrée de septembre-octobre 2016". Soucieux de réussir "le nouveau départ" qu'il a appelé de ses voeux dès son élection, Nicolas Sarkozy s'attaque également aux difficultés financières du parti, qui accusait près de 75 millions d'euros de dettes fin juin 2014. Il a adressé au trésorier du parti un chèque de 363.615 euros pour rembourser les pénalités liées à l'invalidation de ses comptes de campagne que l'UMP, pourtant exsangue, avait prises en charge en 2013 avec l'aval de Bercy. La régularité de ce paiement était notamment contestée par François Fillon. Dans l'ouvrage "Sarko s'est tuer", Gérard Davet et Fabrice Lhomme affirment que l'ancien Premier ministre avait abordé le sujet lors d'un déjeuner avec le secrétaire général de l'Elysée, Jean-Pierre Jouyet, pour lui demander d'accélérer les procédures judiciaires visant Nicolas Sarkozy. François Fillon dément et a saisi la justice. Son entourage a fait savoir mercredi après-midi qu'il se réjouissait de l'initiative du président de l'UMP. "Une polémique ayant été entretenue sur la validité de ce règlement et quelle qu'en soit la réalité, je ne puis la laisser prospérer", écrit Nicolas Sarkozy dans une lettre au trésorier. Le parquet de Paris a ouvert le 6 octobre une information judiciaire sur le règlement de ces pénalités ( ID:nL6N0S13P9 ). WAUQUIEZ SECRÉTAIRE GÉNÉRAL ? Nicolas Sarkozy, qui fait assaut d'une diplomatie "matoise" depuis son élection, pour reprendre le terme d'un cadre de l'UMP, s'efforce de traiter à égalité fidèles et rivaux pour préparer dans une concorde toute apparente la primaire 2016. Sa proposition de créer un comité des anciens Premiers ministres paraît toutefois vouée à l'échec, seuls Edouard Balladur et Dominique de Villepin, l'ennemi d'hier devenu allié, ayant accepté d'y participer. Jean-Pierre Raffarin, reçu lundi, n'y est pas favorable, tout comme François Fillon, reçu mardi, et Alain Juppé, qui a déjeuné mercredi avec Nicolas Sarkozy au siège de l'UMP après avoir ironisé sur le "comité naphtaline". Le député de Paris et le maire de Bordeaux, prenant soin de ne pas passer pour les diviseurs dans l'unité de façade qui s'ébauche au rythme d'entrevues "amicales" et "chaleureuses", ont néanmoins assuré de leur concours le dirigeant de l'UMP. Alain Juppé a salué "une bonne rencontre" sur son blog, précisant avoir reçu de Nicolas Sarkozy l'assurance qu'il organiserait les primaires "sans arrière pensée". Le groupe de travail confié au député Thierry Solère, proche de Bruno Le Maire, remettra dans les deux mois un rapport sur les modalités des primaires, précise Alain Juppé. Partisan d'une primaire ouverte aux centristes de l'UDI et du MoDem, ce que refuse Nicolas Sarkozy au motif que François Bayrou a "trahi" sa famille en votant pour François Hollande en 2012, Alain Juppé cite au nombre des fondements de la consultation un "corps électoral élargi avec une cible de plusieurs millions de votants. Le maire de Bordeaux s'est également entretenu de la composition de la future équipe dirigeante de l'UMP à laquelle Nicolas Sarkozy, qui présidait son premier bureau politique mercredi, souhaite associer "chaque sensibilité". Le duel entre Nathalie Kosciusko-Morizet et Laurent Wauquiez pour le poste de secrétaire général serait sur le point d'être tranché, avec un avantage pour le député de Haute-Loire, inspirateur de "La Droite sociale" et proche des thèses de Patrick Buisson, a-t-on appris de sources UMP. (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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