Sarkozy joue avec les peurs sur l'immigration-Lamassoure

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(Actualisé avec bureau politique des Républicains) PARIS-STRASBOURG, 22 septembre (Reuters) - Le questionnaire sur l'immigration soumis par Nicolas Sarkozy aux adhérents des Républicains "semble inspiré exclusivement par la peur", a estimé mardi Alain Lamassoure, ajoutant aux critiques internes contre l'initiative à plus d'un an de la primaire présidentielle de la droite et du centre. Au total, 53.000 adhérents se sont prononcés par vote électronique la semaine dernière sur douze questions, formulées comme autant de propositions allant de la refondation des accords de Schengen à la suppression de l'aide médicale d'Etat pour les étrangers en situation irrégulière. Elles ont recueilli des taux d'approbation de 91,41% à 97,43%. La méthode, contestée, a été débattue mardi lors du bureau politique des Républicains. Les principaux rivaux de Nicolas Sarkozy à la primaire de 2016, Alain Juppé, François Fillon, Bruno Le Maire, avaient déploré de ne pas avoir été consultés en amont sur le contenu de ce document appelé à compléter un "socle programmatique commun" pour les candidats. "'Oui', 'non', on n'est pas dans une démocratie très évoluée", a estimé François Fillon au "Grand Journal" de Canal+. Le député de Paris n'était pas à la réunion en raison de cet engagement médiatique. Présent en revanche, Alain Juppé a demandé à Nicolas Sarkozy des clarifications sur le "socle commun" lors d'échanges "parfois tendus", ont rapporté des participants. Le président des Républicains a assuré l'ancien Premier ministre que ces propositions n'engageraient pas les candidats à la primaire, ont-ils précisé. Avant la réunion, l'eurodéputé Alain Lamassoure, ancien ministre d'Edouard Balladur et d'Alain Juppé et représentant de l'aile centriste et pro-européenne du parti, avait livré un sévère réquisitoire contre le "questionnaire Sarkozy". "Le questionnaire semble inspiré exclusivement par la peur, la crainte des étrangers, évoqués implicitement comme de possibles fraudeurs, voire des délinquants potentiels, en tout cas comme des intrus embarrassants", a-t-il jugé dans un communiqué. "Certes, c'est ce que ressentent beaucoup de nos électeurs, et ce que hurlent quotidiennement les réseaux sociaux", poursuit-il. "Mais le rôle d'un parti, qui se réclame du Général de Gaulle et de la démocratie chrétienne, consiste-t-il à justifier tous les préjugés xénophobes, ou à faire courageusement la pédagogie de nos valeurs?", s'interroge-t-il, rappelant que Nicolas Sarkozy est un "Français de deuxième génération". (Sophie Louet et Gilbert Reilhac à Strasbourg)

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